Rave party: pourquoi les femmes quinquas s'éclatent et en tirent de précieux bénéfices pour leur santé
De plus en plus de femmes de la génération X recommencent à danser jusqu'au petit matin sur des sons électroniques. Avec, à la clé, des effets positifs sur leur santé mentale et physique..
Depuis quelques années, un phénomène surprenant se développe : de plus en plus de femmes âgées de 40 à 65 ans, souvent appelées quinquas, s’adonnent aux soirées rave (soirées dansantes prolongées jusqu’au petit matin, souvent associées à la musique électronique). Ces femmes, comme la journaliste Amy Fleming, 51 ans, décrivent ces expériences comme une libération immense et une parenthèse débridée, loin des responsabilités quotidiennes liées au travail, à l’éducation des enfants ou à l’aide apportée à des proches. Une étude publiée en avril 2025 dans la revue Psychology of Music a analysé les effets de ces soirées sur leur santé mentale et physique. Parmi les 136 femmes interrogées, 82 % fréquentaient ces événements depuis plus de 20 ans. La coauteure de l’étude, Alinka Greasley, professeure de psychologie de la musique à l’université de Leeds (Royaume-Uni), est elle-même DJ et participe à ces raves depuis 26 ans.
Les résultats de l’étude de 2025 montrent que les soirées rave apportent des bénéfices significatifs pour la santé mentale des femmes quinquas. Ces moments procurent un sentiment d’appartenance sociale et agissent comme un exutoire face aux pressions du quotidien. La musique électronique, avec ses montées en puissance et ses pauses, crée des moments d’euphorie collective où les participantes synchronisent leurs mouvements. Cette synchronisation renforce les sentiments de plaisir et peut générer des frissons ou des émotions intenses. Pour Alinka Greasley, ces expériences permettent de réduire l’anxiété, la dépression et les états de morosité, tout en offrant une échappatoire aux bouleversements liés à la périménopause (période précédant la ménopause, souvent marquée par des changements hormonaux et physiques).
Malgré l’engouement croissant pour les raves, les femmes quinquas font souvent face à des stéréotypes liés à l’âge. Joanna, 50 ans, a ressenti une réticence initiale en raison de l’âgisme intériorisé (intégration inconsciente des préjugés sur le vieillissement), craignant d’être jugée pour son choix de fréquenter des lieux traditionnellement associés à la jeunesse. Pourtant, elle a découvert que ces soirées offrent un espace liminal (un lieu où les normes sociales s’effacent) où toutes les participantes, quel que soit leur âge ou leur genre, sont traitées sur un pied d’égalité. Rachel Giddlings, psychothérapeute, souligne que ces espaces permettent aux femmes de se réapproprier leur identité, loin des étiquettes de mère, aidante ou employée.
Au-delà des effets sur la santé mentale, les raves constituent une activité physique intense. Danser pendant des heures favorise la dépense énergétique et peut améliorer la condition cardiovasculaire. Les participantes soulignent aussi l’importance du lien social créé par ces événements. Les soirées rave attirent des personnes de différentes générations, permettant aux femmes quinquas de rencontrer des individus partageant les mêmes centres d’intérêt, indépendamment de leur âge. Selon Joanna, ces soirées offrent quelque chose de vraiment spécial car elles sont complètement distinctes de l’éducation des enfants ou du travail. Enfin, ces expériences permettent de mettre entre parenthèses les injonctions du quotidien, offrant une sensation de renouveau.
La culture rave, souvent perçue comme déviante ou illicite, est en réalité un phénomène social et culturel qui transcende les générations. Rachel Giddlings milite pour changer le regard de la société sur ces événements, en mettant en avant leur dimension *apaisante* et *créatrice de lien*. Les raves ne sont pas réservées à la génération Z : des femmes plus âgées y trouvent un espace pour danser, transpirer, socialiser et se libérer des contraintes sociales. Amy Fleming, après une nuit blanche en rave, décrit cette expérience comme un retour à ses racines, rappelant que *c’est sa génération qui a inventé ça*. Ces soirées, bien que parfois épuisantes, laissent un sentiment de *revigoration* et de connexion à soi-même.

