« Ça me brise le coeur » : après 9 mois de mission, un marin du porte-avions Abraham Lincoln apprend que son père a été expulsé par la police d’immigration de Trump
Mobilisé depuis neuf mois sur le porte-avions USS Abraham Lincoln, un soldat américain pensait avoir tout enduré au Moyen-Orient jusqu'à ce qu'un appel n'anéantisse ses espoirs de retrouvailles. Alors que le navire s'apprête enfin à rentrer, le marin a appris que son père venait d'être arrêté en vue d'une expulsion imminente..
Joshua Aviles, un marin américain, a servi pendant 250 jours sans interruption à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln, déployé dans le cadre de la guerre en Iran. Ce navire, l'un des plus grands de la marine américaine, est conçu pour projeter une puissance militaire majeure. Pendant cette mission, le soldat a enchaîné des gardes de plus de 12 heures par jour, dans des conditions décrites comme extrêmement difficiles, voire dégradantes. Selon l'article, ces conditions ont même conduit certains membres de l'équipage à des tentatives de suicide. Le retour du marin aux États-Unis était très attendu par sa famille, mais un appel téléphonique a bouleversé ses plans.
Lors de cet appel, Joshua Aviles a appris que son père, Luis Manuel Aviles, avait été arrêté par les services d'immigration américains. Originaire du Nicaragua, ce dernier vivait aux États-Unis depuis 19 ans avec un permis de travail temporaire. Il attendait l'obtention d'une carte verte, un document officiel qui aurait permis à un étranger en situation régulière de résider définitivement aux États-Unis. Son arrestation a eu lieu alors qu'il se rendait chez un garagiste à Key West, en Floride. Sa famille décrit Luis Manuel Aviles comme un homme sans histoires, entièrement dévoué à sa famille. Malgré son statut de père d'un soldat en service actif, aucune exception n'a été accordée pour éviter son expulsion.
L'administration du président Donald Trump a durci les règles concernant l'immigration aux États-Unis, notamment en limitant le dispositif appelé military parole-in-place. Ce mécanisme permettait autrefois aux proches de militaires en service actif d'éviter l'expulsion, même en cas de situation irrégulière. Depuis le durcissement de cette politique, des dizaines de parents ou conjoints de soldats ont été arrêtés et déportés. Le département de la Sécurité intérieure (DHS) a justifié cette décision en affirmant que « avoir un membre de sa famille dans l'armée n'est pas un passe-droit pour violer les lois de notre nation ». Cette position a été confirmée dans un communiqué officiel, où il est précisé que le père de Joshua Aviles resterait en détention en attendant son expulsion.
Joshua Aviles a exprimé son désarroi face à cette situation, déclarant que cela le brisait le cœur de savoir son père traité comme un criminel alors qu'il s'était engagé dans la Navy pour améliorer les chances de sa famille d'obtenir la nationalité américaine. Sa sœur, Katherine Delgado, a souligné l'absurdité de la situation : le soldat allait bientôt rentrer chez lui, mais sans son père. Les proches de Joshua Aviles espéraient que son statut de militaire pourrait protéger sa famille, mais la rigidité de la politique migratoire actuelle a rendu cette protection impossible. Cette affaire illustre les tensions entre les engagements familiaux et les lois migratoires américaines sous l'administration Trump.

