NapseflowNapseflow
Philosophie

Toni Negri entre Marx, Deleuze et Spinoza

Multitudes · mis à jour il y a 13 j

Toni Negri entre Marx, Deleuze et Spinoza À partir de Marx et Spinoza, influencé par Deleuze, Negri construit une ontologie politique de la multitude comme puissance constituante permettant de reformuler la transformation sociale dans une perspective matérialiste de l’immanence. Cependant, cette interprétation repose sur une réduction de la substance spinoziste à l’activité collective des modes et conduit à socialiser l’ontologie spinoziste.

Qui est Toni Negri

Antonio Negri, dit Toni Negri, est un philosophe et militant politique italien né en 1933 et décédé en 2023. Il est surtout connu pour ses travaux sur le marxisme autonome, une courant de pensée qui analyse les luttes sociales et le pouvoir des travailleurs en dehors des structures traditionnelles comme les syndicats ou les partis politiques. Negri a également été une figure majeure de l'opéraïsme (ou ouvriérisme), une approche qui met l'accent sur l'autonomie et la créativité des travailleurs dans la production capitaliste. Ses idées ont influencé des mouvements sociaux en Europe et en Amérique latine, notamment dans les années 1970 et 1980. Il a été emprisonné en Italie dans les années 1980 pour son implication présumée dans des activités terroristes, avant d'être libéré en 1997 et de s'exiler en France.

Marx et l'autonomie ouvrière

Negri s'inscrit dans la tradition marxiste en réinterprétant les concepts de Karl Marx, notamment ceux développés dans Le Capital. Pour Negri, le capitalisme ne se réduit pas à une simple exploitation économique, mais repose sur une subsomption réelle du travail, c'est-à-dire une intégration totale de la vie sociale et productive des travailleurs dans les logiques du capital. Contrairement à Marx, qui voyait dans la classe ouvrière un acteur central de la révolution, Negri insiste sur l'autonomie ouvrière : les travailleurs ne sont pas seulement des victimes du système, mais aussi des agents capables de créer de nouvelles formes de vie et de résistance. Cette idée a donné naissance au concept de travail immatériel, où la production repose de plus en plus sur des activités intellectuelles, créatives et relationnelles.

Deleuze et la puissance de la multitude

Dans les années 1980, Negri collabore avec le philosophe français Gilles Deleuze pour développer une théorie de la multitude, un concept qui désigne l'ensemble des individus et des groupes sociaux capables de s'organiser de manière décentralisée et horizontale, sans hiérarchie fixe. Pour Deleuze et Negri, la multitude n'est pas une classe sociale unifiée, mais une multiplicité de forces productives et créatives. Leur livre Empire (2000) analyse comment le capitalisme contemporain, qu'ils appellent Empire, s'étend à l'échelle mondiale en intégrant ces dynamiques de résistance. La multitude devient alors un acteur potentiel de transformation sociale, capable de contourner les structures de pouvoir traditionnelles. Ce concept s'oppose à l'idée marxiste classique d'une avant-garde révolutionnaire.

Spinoza et la libération politique

Negri trouve également dans la philosophie de Baruch Spinoza (1632-1677) une source d'inspiration pour repenser la liberté et le pouvoir. Spinoza, philosophe néerlandais d'origine juive, propose une vision du monde où la liberté individuelle et collective émerge de la puissance d'agir (conatus), c'est-à-dire de la capacité des êtres à persévérer dans leur existence et à s'affirmer. Pour Negri, cette idée permet de concevoir une politique de la libération qui ne repose pas sur la domination ou la violence, mais sur l'expression des désirs et des besoins collectifs. Spinoza influence directement la pensée de Negri sur la démocratie radicale et l'autogestion, où le pouvoir n'est pas concentré entre les mains d'un État ou d'un parti, mais distribué parmi les citoyens.

L'Empire et la résistance globale

Dans Empire (2000), coécrit avec Michael Hardt, Negri analyse l'émergence d'un nouveau système de pouvoir mondial, qu'il nomme Empire. Contrairement à l'impérialisme traditionnel, basé sur la domination d'un État-nation, l'Empire est un réseau décentralisé de pouvoirs économiques, politiques et culturels qui s'étend à l'échelle planétaire. Il repose sur des mécanismes comme la biopolitique (le contrôle des vies par les normes et les institutions) et la capture des forces productives par le capital. Face à cet Empire, la multitude peut opposer une résistance en créant des contre-pouvoirs décentralisés, comme les mouvements altermondialistes, les coopératives autogérées ou les réseaux numériques alternatifs. Ce livre a eu un écho majeur dans les débats sur la mondialisation et les alternatives au capitalisme.

Ce que ça pourrait changer

L'œuvre de Negri a marqué plusieurs générations de militants, de philosophes et de chercheurs, notamment dans les domaines des études postcoloniales, des théories décoloniales et des mouvements sociaux. Ses idées ont inspiré des penseurs comme Michael Hardt, Paolo Virno ou Sandro Mezzadra, ainsi que des mouvements comme les *Indignés* en Espagne ou *Occupy Wall Street* aux États-Unis. Cependant, son travail a aussi suscité des critiques. Certains lui reprochent une vision trop optimiste de la multitude, capable selon lui de s'auto-organiser sans conflits ni contradictions. D'autres soulignent que ses théories peinent à proposer des solutions concrètes aux problèmes contemporains, comme la précarité ou les inégalités. Malgré ces débats, Negri reste une figure incontournable pour comprendre les enjeux de la résistance au capitalisme globalisé.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.