Un peu de graisse, c’est bon pour le corps !
Le gras n’est pas un ennemi. Au contraire, nous explique le média britannique “BBC” : il est nécessaire à la bonne santé de nos muscles et de nos os, et il permet la fabrication de nos hormones, y compris des hormones sexuelles comme la testostérone..
L’article de la BBC rappelle que la graisse corporelle n’est pas un ennemi, mais un élément essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. Elle joue un rôle clé dans la production d’hormones, y compris les hormones sexuelles comme la testostérone, et participe à la santé des muscles et des os. L’endocrinologue Elif Oral, interrogée par la BBC, insiste sur l’importance de cette fonction biologique en déclarant : « Nous devons aimer notre gras. Ses fonctions biologiques sont tellement importantes. » Cette vision contraste avec les normes esthétiques actuelles, souvent centrées sur des corps minces et musclés, où la graisse est diabolisée. Pourtant, elle est indispensable pour la survie et le bien-être du corps humain.
La graisse corporelle agit principalement comme une réserve d’énergie. Lorsque l’alimentation apporte plus de calories que nécessaire, l’excédent est stocké sous forme de lipides dans les adipocytes, des cellules spécialisées dans le stockage des graisses. En période de disette, ces réserves sont mobilisées pour fournir l’énergie dont le corps a besoin pour fonctionner. Ce mécanisme, vital pour la survie de l’espèce humaine, était crucial lorsque l’accès à la nourriture était moins stable qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, dans les sociétés où la nourriture est abondante, ce système reste utile, mais il peut aussi contribuer à l’excès de graisse si l’apport calorique dépasse les besoins.
Au-delà de son rôle énergétique, la graisse corporelle remplit plusieurs fonctions protectrices et régulatrices. Elle isole le corps contre le froid en produisant de la chaleur, aidant ainsi à maintenir une température interne stable autour de 37°C. Elle participe également à la fabrication de la leptine, une hormone qui signale au cerveau que les réserves d’énergie sont suffisantes. Sans cette hormone, le cerveau peut interpréter un manque d’énergie et déclencher des mécanismes de survie, comme la réduction du métabolisme de base pour économiser les ressources. Cela peut affaiblir le système immunitaire, détruire les muscles pour nourrir les organes vitaux, et perturber la régénération des os.
Il n’existe pas de quantité universelle de graisse idéale, mais des fourchettes sont généralement admises pour une bonne santé. Pour les hommes en bonne santé, un taux de graisse corporelle compris entre 10 % et 20 % est considéré comme normal. Chez les femmes, ce taux se situe plutôt entre 20 % et 29 %. Ces différences s’expliquent par des besoins biologiques distincts, notamment liés aux hormones et à la reproduction. Même chez les athlètes, où l’on pourrait s’attendre à des taux très bas, les études montrent des valeurs minimales surprenantes : 10 % pour les hommes et 16 % pour les femmes. Une chercheuse spécialiste du sport, Tamara Hew-Butler, a souligné que certains participants à ses études sous-estimaient leur taux réel, pensant être bien en dessous de ces seuils.
L’article met en garde contre la diabolisation excessive de la graisse, notamment dans un contexte où les médicaments antiobésité comme l’Ozempic connaissent un succès croissant. Ces traitements, bien qu’utiles pour certaines personnes, ne doivent pas faire oublier l’importance d’un taux de graisse minimal pour la santé. Une perte de poids trop importante ou trop rapide peut entraîner des effets secondaires graves, comme une altération de la personnalité ou une réduction de la qualité de vie, un phénomène parfois appelé *« personnalité Ozempic »*. La graisse joue donc un rôle bien plus large que la simple réserve énergétique : elle est indispensable au maintien de l’équilibre hormonal, métabolique et immunitaire.

