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Surveillance prudentielle des établissements de crédit : répartition des rôles et responsabilités entre la BCE et les ACN

LexisVeille · mis à jour il y a 20 j

Surveillance prudentielle des établissements de crédit : répartition des rôles et responsabilités entre la BCE et les ACN Droit européen Banque et finance Données.

Contexte européen

L’article traite de la surveillance prudentielle des établissements de crédit dans l’Union européenne, un système qui vise à garantir la stabilité financière et à limiter les risques systémiques. Cette surveillance est encadrée par des règles européennes, notamment le Mécanisme de surveillance unique (MSU) mis en place en 2014. Le MSU repose sur une collaboration entre deux types d’acteurs : la Banque centrale européenne (BCE), qui supervise directement les plus grandes banques de la zone euro, et les Autorités nationales compétentes (ACN), qui gèrent la surveillance des autres établissements. La zone euro compte actuellement 19 pays membres, et le MSU couvre environ 115 banques considérées comme significatives, représentant près de 82 % des actifs bancaires de la région. Ce système a été créé pour éviter une nouvelle crise financière comme celle de 2008, en renforçant la coordination entre les États et en centralisant une partie du contrôle.

Rôle de la BCE

La BCE joue un rôle central dans la surveillance prudentielle des banques significatives, c’est-à-dire celles dont les actifs dépassent 30 milliards d’euros ou qui représentent une part importante du système financier d’un pays. Elle est responsable de l’octroi et du retrait des licences bancaires, ainsi que de la validation des acquisitions majeures par ces établissements. En 2023, la BCE supervisait directement 115 banques significatives, représentant 82 % des actifs bancaires de la zone euro. Ses missions incluent également l’évaluation des risques, la fixation des exigences en fonds propres (comme le ratio CET1, qui doit être d’au moins 4,5 % des actifs pondérés par les risques) et la réalisation d’inspections sur place. La BCE travaille en étroite collaboration avec les ACN, mais conserve un pouvoir de décision final sur les mesures prudentielles appliquées aux grandes banques.

Rôle des ACN

Les Autorités nationales compétentes (ACN), comme l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) en France ou la BaFin en Allemagne, supervisent les banques moins significatives, c’est-à-dire celles dont les actifs sont inférieurs à 30 milliards d’euros ou qui ne sont pas considérées comme systémiques. Elles appliquent les règles prudentielles définies par l’Union européenne, mais sous le contrôle et avec l’appui de la BCE. Les ACN sont chargées de la surveillance quotidienne des banques, de l’évaluation de leur solidité financière et de la mise en œuvre des mesures correctives en cas de problèmes. En 2023, elles supervisaient environ 2 800 banques moins significatives, représentant 18 % des actifs bancaires de la zone euro. Leur rôle est crucial pour assurer une surveillance fine et adaptée aux spécificités locales, tout en respectant les normes européennes.

Répartition des responsabilités

La répartition des rôles entre la BCE et les ACN repose sur une logique de taille et de risque systémique. Les banques significatives, souvent plus grandes et plus interconnectées, sont placées sous la supervision directe de la BCE pour éviter qu’un problème local ne se transforme en crise européenne. Les banques moins significatives, généralement plus petites et moins exposées aux risques systémiques, sont supervisées par les ACN, qui bénéficient d’une connaissance approfondie du contexte national. Cependant, la BCE conserve un droit de regard sur toutes les banques de la zone euro. Elle peut, par exemple, demander des informations supplémentaires, imposer des mesures correctives ou même retirer une licence bancaire, même pour une banque moins significative. Cette répartition permet de concilier efficacité et proximité, tout en garantissant une application homogène des règles prudentielles dans l’ensemble de la zone euro.

Ce que ça pourrait changer

Pour assurer une surveillance efficace, la BCE et les ACN utilisent plusieurs outils et mécanismes. Parmi eux, les *tests de résistance* (ou *stress tests*), qui évaluent la capacité des banques à résister à des chocs économiques sévères. Ces tests sont réalisés régulièrement, comme en 2021, où 89 banques de la zone euro ont été soumises à un scénario de crise incluant une récession de 3,6 % du PIB et une hausse du chômage à 12 %. Les résultats permettent d’identifier les faiblesses des établissements et d’imposer des mesures correctives, comme un renforcement des fonds propres. Un autre outil est le *ratio de levier*, qui limite l’endettement excessif des banques en comparant leurs fonds propres à leurs actifs totaux, sans pondération par les risques. Enfin, la BCE et les ACN collaborent avec d’autres instances, comme le *Conseil européen du risque systémique* (CERS), pour coordonner les politiques macroprudentielles et prévenir les risques systémiques.

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