Cyberattaques et fuites de données : « on n’a pas vu le pire », affirme Vincent Strubel
Pour renforcer la cybersécurité de manière globale, Vincent Strubel milite pour plus de transparence et de retour d’expérience. Le général Patrick Touak, en charge du Comcyber Mi, confirme et ajoute que cela passe aussi par un renforcement sans compromis de la cybersécurité, notamment la double authentification obligatoire.
Lors de la conférence d’ouverture du 9 octobre 2025, Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), a tiré la sonnette d’alarme sur l’augmentation des cyberattaques et des fuites de données en France. Il souligne que les attaques récentes, bien que souvent peu sophistiquées, révèlent des vulnérabilités majeures dans les systèmes de sécurité des institutions publiques et des entreprises privées. Strubel précise qu’il n’a pas besoin d’ajouter à l’inquiétude, car les attaquants l’ont déjà fait eux-mêmes. Il évoque notamment l’attaque contre la DGFiP (Direction générale des finances publiques), qui a entraîné une fuite de données, comme un exemple marquant de ces failles. L’ANSSI a publié un rapport détaillé sur les méthodes utilisées par les pirates, confirmant que ces attaques ne reposaient pas sur des techniques avancées, mais sur des défaillances techniques répétées.
L’attaque contre la DGFiP, survenue en 2025, illustre un problème plus large : les cyberattaques ne ciblent pas uniquement des cibles complexes, mais exploitent souvent des failles basiques et généralisées. Selon le général Patrick Touak, chef du commandement du ministère de l’Intérieur dans le Cyberespace, ces attaques « ne sont pas très sophistiquées » et reposent sur une série de défaillances techniques. L’ANSSI a publié un rapport soulignant que ces vulnérabilités, bien que simples à corriger, restent répandues dans de nombreuses institutions, y compris étatiques. Strubel qualifie cette situation d’« inacceptable », d’autant plus qu’elle touche des organismes publics chargés de gérer des données sensibles. Il insiste sur la nécessité de transparence, même si celle-ci peut être mal perçue, pour identifier et corriger ces failles avant qu’elles ne soient exploitées.
Vincent Strubel met en avant l’importance de la transparence dans la gestion des cyberattaques, un changement récent dans la communication de l’ANSSI. Le rapport détaillé sur l’attaque de la DGFiP est présenté comme une exception, car la plupart des institutions préfèrent garder ces incidents sous silence. Pour Strubel, cette transparence est « vitale », même si elle est difficile à accepter. Il compare la situation à un « électrochoc » nécessaire pour réveiller les consciences et inciter les autres institutions à évaluer leurs propres vulnérabilités. Il insiste sur l’urgence d’agir, qualifiant le chantier de correction de « colossal ». L’objectif est de forcer les acteurs publics et privés à reconnaître leurs failles et à les corriger, afin d’éviter des attaques futures plus graves.
Les cyberattaques récentes en France révèlent une menace à la fois persistante et universelle, touchant aussi bien les petites entreprises que les grandes institutions. Strubel souligne que ces attaques « disent » quelque chose sur les vulnérabilités de base qui concernent tous les systèmes, quel que soit leur niveau de complexité. Il rappelle que ces failles ne sont pas l’apanage d’un seul secteur, mais se retrouvent partout, y compris dans des organismes étatiques. Pour lui, cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle montre que les bases de la cybersécurité ne sont pas toujours maîtrisées. Il appelle à une prise de conscience collective et à des actions immédiates pour renforcer la protection des données et des infrastructures critiques.

