Une histoire des femmes génocidaires au Rwanda / Face aux violences du 17 octobre, l'Etat impuissant ?
Au lendemain d’une journée de mobilisation qui s’est conclue par des affrontements et de nombreuses scènes de pillage, Emmanuel Macron a défendu l’autorité de l’Etat, gravement atteinte par les heurts de ce week-end, sans pour autant apporter de solution concrète. Comment répondre aux violences ?.
Le 17 octobre 2026, la France a connu une journée de mobilisation marquée par des affrontements et des pillages dans plusieurs villes, dont Paris. Ces violences ont gravement mis à l'épreuve l'autorité de l'État, selon les déclarations du président Emmanuel Macron. Aucune solution concrète n'a été proposée pour répondre à cette crise, soulignant une impuissance perçue des institutions face à ces événements. Les images de la tour Eiffel visible à travers les fumées des émeutes illustrent l'ampleur des troubles, qui ont nécessité des interventions policières et des mesures exceptionnelles comme des couvre-feux dans certaines communes.
Le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 a impliqué des femmes dans des rôles actifs, souvent minimisés ou ignorés. Juliette Bour, historienne spécialiste du sujet, a publié en août 2026 un ouvrage intitulé Comme des hommes? Femmes politiques génocidaires au Rwanda (CNRS éditions). Son travail montre que certaines femmes ont occupé des positions de pouvoir au sein des milices ou des autorités locales, participant à l'organisation ou à la justification des violences. Ces rôles s'inscrivaient dans un contexte où le genre n'était pas un frein à l'engagement dans le génocide, contrairement aux stéréotypes traditionnels. Les recherches de Juliette Bour s'appuient sur des archives judiciaires et des témoignages pour documenter ces parcours.
Face aux violences du 17 octobre 2026, l'État français a été critiqué pour son incapacité à maintenir l'ordre public. Marie Lajus, haute-fonctionnaire et ancienne préfète, et Béatrice Brugère, magistrate et secrétaire générale du syndicat Unité-Magistrats, ont été invitées à analyser cette situation. Elles soulignent les défis auxquels sont confrontées les forces de l'ordre et la justice pour prévenir ou réprimer les émeutes. Leur intervention met en lumière les limites des dispositifs actuels, notamment en matière de coordination entre les services de police, les préfets et les tribunaux. Aucune mesure immédiate n'a été annoncée pour renforcer ces mécanismes.
Le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 a duré environ 100 jours et a causé la mort d'environ 800 000 personnes, principalement des Tutsi, mais aussi des Hutu modérés. Ce conflit s'inscrivait dans un contexte de tensions ethniques instrumentalisées par le pouvoir politique. Les femmes, bien que souvent perçues comme des victimes, ont aussi été des actrices du génocide, notamment en tant que propagandistes, espionnes ou bourreaux. Leur participation a été analysée par des chercheurs comme Juliette Bour, qui remet en question l'idée que les femmes seraient naturellement moins enclines à la violence politique. Les procès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont révélé des cas de femmes condamnées pour leur rôle dans les massacres.
Les violences du 17 octobre 2026 en France soulèvent des questions sur l'impunité des auteurs de troubles graves. Béatrice Brugère, ancienne juge anti-terroriste, et Marie Lajus, ancienne commissaire de police, ont discuté des obstacles juridiques et opérationnels qui limitent l'efficacité de la réponse de l'État. Parmi ces obstacles figurent la saturation des tribunaux, les délais de traitement des affaires et les lacunes dans la collecte de preuves. Leur analyse rejoint les débats sur la justice transitionnelle au Rwanda, où les mécanismes de réparation et de punition des crimes de masse restent complexes, malgré les efforts du TPIR et des juridictions rwandaises.
L'émission a mis en parallèle les violences en France et les crimes de masse au Rwanda pour interroger les mécanismes de la violence collective. Juliette Bour a souligné que les deux contextes partagent des dynamiques où des individus ordinaires, y compris des femmes, peuvent basculer dans l'extrémisme. Cette comparaison invite à réfléchir sur les conditions qui favorisent la radicalisation, qu'elle soit ethnique, politique ou sociale. Les intervenantes ont également évoqué le rôle des médias et des réseaux sociaux dans l'amplification des tensions, un phénomène observable dans les deux cas. Aucune solution universelle n'a été proposée, mais la discussion a souligné l'importance de l'éducation et de la prévention.

