NapseflowNapseflow
Géopolitique

Notre nouveau hors-série : l’Atlas des communications

Courrier International · mis à jour il y a 22 j

Aujourd’hui, 99 % des communications intercontinentales passent par des câbles sous-marins. C’est banal, quotidien.

Un atlas des communications

Cet hors-série propose un tour d’horizon des réseaux de communication à l’échelle mondiale, mêlant cartes, infographies et analyses de la presse étrangère. Le titre communications a été choisi plutôt qu’Internet car, bien que ces deux termes soient souvent associés, il existe des alternatives à Internet. L’atlas explore ainsi les infrastructures physiques (câbles sous-marins, data centers, satellites) ainsi que les enjeux politiques et économiques qui les entourent. L’objectif est de rendre visible un réseau technique invisible mais omniprésent dans nos vies quotidiennes.

Les câbles sous-marins

Les câbles sous-marins sont des infrastructures essentielles pour les communications mondiales, transportant près de 99 % du trafic Internet intercontinental. L’article souligne leur vulnérabilité, notamment dans les zones de conflit ou les détroits stratégiques comme la Méditerranée, surnommée Mare communicans (la mer qui communique). Par exemple, au Chili, des projets de câbles peuvent entrer en concurrence avec d’autres infrastructures. En Amazonie, des solutions alternatives comme la connexion par les fleuves sont explorées. Ces câbles représentent une industrie méconnue mais cruciale, avec des risques de coupures liés à des conflits ou à des cyberattaques.

Les data centers

Les data centers (centres de données) sont des infrastructures physiques qui hébergent les serveurs stockant nos données numériques. Leur expansion est mondiale, avec une concentration majeure aux États-Unis, où près de 40 % des centres sont situés. Ces sites sont énergivores et nécessitent des conditions spécifiques, comme un climat froid pour réduire les coûts de refroidissement. Par exemple, le projet Hyperion de Meta en Louisiane occupe 11 km², soit une surface plus grande que Central Park. Leur localisation est aussi un enjeu géopolitique, comme en témoigne le choix de la France par SoftBank pour un nouveau centre.

Les satellites et orbites

Les satellites jouent un rôle croissant dans les communications, notamment avec l’émergence de constellations comme Starlink d’Elon Musk, qui vise à fournir un accès Internet mondial. Ces projets encombrent l’orbite terrestre et soulèvent des questions géopolitiques, comme la guerre des orbites entre acteurs privés et États. En Russie, le projet Rassvet ambitionne de concurrencer ces constellations. Les satellites permettent aussi d’apporter Internet dans des zones reculées, mais leur contrôle reste un enjeu stratégique, comme l’illustre la volonté de Donald Trump d’influencer les câbles sous-marins entre le Chili et l’Asie.

Contrôle et coupures

Les réseaux de communication sont soumis à des contrôles stricts, exercés par les États ou les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), qui dominent chaque maillon de la chaîne. Certains pays, comme l’Iran, coupent régulièrement Internet pour isoler leur population, comme lors de black-outs en janvier et février 2026. L’Inde est aussi un acteur majeur des coupures, notamment au Jammu-et-Cachemire. D’autres solutions, comme les réseaux mesh (réseaux locaux et décentralisés), émergent pour contourner ces restrictions. Enfin, des alternatives historiques comme le Minitel français sont évoquées pour illustrer la diversité des modèles de communication.

Enjeux géopolitiques

Les infrastructures de communication sont au cœur de tensions géopolitiques. Par exemple, la Chine et les États-Unis s’affrontent pour le contrôle des câbles sous-marins, comme celui reliant le Chili à l’Asie. Les Gafam investissent massivement pour dominer ces réseaux, tandis que des acteurs comme la Russie développent leurs propres constellations satellites. En Afrique, les coupures Internet freinent le développement économique, et en Inde, les restrictions ciblent des régions spécifiques. Ces enjeux montrent comment les communications deviennent un outil de pouvoir, entre souveraineté nationale et domination économique.

Ce que ça pourrait changer

Les réseaux de communication sont vulnérables à plusieurs niveaux. Les câbles sous-marins peuvent être endommagés par des conflits ou des catastrophes naturelles, tandis que les data centers sont exposés à des risques énergétiques ou climatiques. Les satellites, quant à eux, sont menacés par la saturation de l’orbite terrestre et les cyberattaques. L’article souligne que ces infrastructures, bien que vitales, restent fragiles et que leur protection est un défi majeur pour les États et les entreprises. Des solutions comme les drones de surveillance ou les réseaux décentralisés sont explorées pour renforcer leur résilience.

Sujets complémentaires