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«Pauline Julien. Femme pays»: elle se souvient

Le Devoir · mis à jour il y a 22 j

Suzanne Clément irradie dans le rôle de l’emblématique chanteuse québécoise Pauline Julien..

Film biographique sur Pauline Julien

Le film Pauline Julien. Femme pays réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette est un drame biographique qui retrace la vie de Pauline Julien, une figure marquante du Québec des années 1970 à 1990. Ce film s'ouvre sur une scène des années 1970, où Pauline Julien, une chanteuse engagée, féministe et souverainiste, partage une fête avec son compagnon Gérald Godin. Le récit avance ensuite de plusieurs décennies, vers un diagnostic médical : Pauline est atteinte d'aphasie, un trouble du langage qui lui fera progressivement perdre la capacité de s'exprimer clairement. Le film explore alors sa vie à travers des souvenirs entrelacés, mêlant moments de joie, d'engagement politique et de défis personnels. Le film est sorti au Québec en 2026 et dure 110 minutes.

Suzanne Clément incarne Pauline Julien

Suzanne Clément, actrice québécoise connue pour ses rôles dans Laurence Anyways, Mommy et L'origine du mal, joue le rôle-titre de Pauline Julien dans ce film. L'actrice incarne avec justesse la personnalité charismatique, fougueuse et engagée de Pauline Julien, sans pour autant chercher à imiter parfaitement son apparence ou sa voix chantée. Le film met en avant une interprétation subtile, où Clément s'approprie le personnage tout en respectant la vision que les réalisatrices Anaïs Barbeau-Lavalette et Véronique Côté ont développée. Cette approche permet de donner vie à Pauline Julien comme une personne complexe, loin d'une simple statue ou d'un monument figé.

Structure narrative morcelée

Le film adopte une structure narrative morcelée et impressionniste, évitant une approche linéaire classique. Plutôt que de raconter la vie de Pauline Julien de manière chronologique, le film alterne entre différents moments de sa vie, créant un portrait fragmenté mais cohérent. Ce choix artistique permet de refléter la complexité de son existence, marquée par des engagements politiques, des amours passionnés et des relations familiales parfois tendues. Le montage, réalisé en collaboration avec le cinéaste Stéphane Lafleur, assure une fluidité malgré les ellipses temporelles. Cette méthode met en lumière des instants de grâce, comme une scène où Pauline Julien chante La Manic a cappella pour des travailleurs, illustrant son impact émotionnel sur les autres.

Contexte politique et personnel

Le film aborde plusieurs périodes clés de la vie de Pauline Julien, notamment son engagement politique au Québec. Il évoque la crise d'Octobre en 1970, un événement marquant de l'histoire québécoise où Pauline et son compagnon Gérald Godin ont été arrêtés. Le récit inclut également les grandes années du Parti québécois, un parti politique souverainiste fondé en 1968, ainsi que le référendum de 1980 sur la souveraineté du Québec. Ces éléments s'entremêlent avec des scènes de sa vie personnelle, comme sa relation avec ses deux enfants ou sa carrière en France, où elle a entretenu une amitié durable avec la chanteuse Anne Sylvestre. Le film montre ainsi comment ces dimensions politiques et personnelles ont façonné son parcours.

Collaboration artistique et technique

Le scénario du film a été coécrit par Anaïs Barbeau-Lavalette et Véronique Côté, deux figures du cinéma québécois. La réalisation d'Anaïs Barbeau-Lavalette, connue pour des films comme Le ring ou La déesse des mouches à feu, mise sur une approche intimiste pour explorer la vie de Pauline Julien. Le film bénéficie également de la contribution de Patrice Dubois, qui incarne Gérald Godin, et de Violette Chauveau dans le rôle d'Anne Sylvestre. La photographie et la mise en scène s'appuient sur des choix esthétiques poétiques, comme la scène où les bras des conjointes des travailleurs sont projetés pour symboliser leur émotion après avoir écouté Pauline Julien chanter.

Ce que ça pourrait changer

Le film *Pauline Julien. Femme pays* a reçu une note de quatre étoiles sur cinq dans la critique du *Devoir*. Les éloges portent notamment sur la performance de Suzanne Clément, la structure narrative originale et la capacité du film à rendre hommage à une figure emblématique du Québec sans tomber dans l'hagiographie. Le film est salué pour son approche *engagée*, invitant les spectateurs à se souvenir de Pauline Julien et de son héritage. Présenté comme un drame biographique, il s'adresse à un public intéressé par l'histoire culturelle, politique et sociale du Québec des années 1970 à 1990.

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