À Montréal, des manifestants se rassemblent en solidarité aux mobilisations lycéennes en France
La manifestation a aussi été l’occasion de mettre en lumière des préoccupations propres au milieu étudiant québécois..
Plus de deux cents personnes se sont rassemblées samedi 17 octobre 2026 après-midi au centre-ville de Montréal, plus précisément au Square Phillips, pour exprimer leur soutien aux lycéens français en mobilisation. Ce rassemblement avait également pour but de dénoncer les violences policières observées en France et au Québec. Les manifestants scandaient des slogans comme « Système en chute, jeunesse en lutte » ou « Même crise, même combat, la France montre la voie ». Héloïse Richard, étudiante en droit à l’Université de Montréal et participante à la manifestation, a souligné que ce geste visait à montrer aux étudiants français qu’ils ne sont pas seuls dans leur combat. Elle a ajouté que les étudiants québécois partagent des préoccupations similaires, notamment en matière de précarité et de coût de la vie.
La manifestation a permis de mettre en lumière plusieurs revendications propres au milieu étudiant québécois. Loïc Goyette, président de l’Union étudiante du Québec (UEQ), a expliqué que l’objectif était double : soutenir le mouvement étudiant français tout en attirant l’attention sur les problèmes locaux, notamment l’accès à l’enseignement supérieur et son financement. Frédéric Beaudet, secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), a dénoncé une « austérité en enseignement supérieur » et une « précarité étudiante ». La FAECUM a formulé quatre demandes principales au nouveau gouvernement péquiste : une augmentation des prêts et bourses, la rémunération de tous les stages, des mesures contre l’insécurité alimentaire étudiante et des solutions pour atténuer les effets de la crise du logement, qui touche particulièrement les étudiants.
Plusieurs manifestants ont exprimé leur indignation face à la répression policière en France, où les forces de l’ordre sont accusées d’une réponse excessive aux mobilisations lycéennes. Simon Noirhomme, un étudiant belge en échange à Montréal, a déclaré être « révolté par la répression et la manière dont le mouvement est accueilli ». Frédéric Beaudet a rappelé que cette répression n’est pas un phénomène isolé, citant des exemples comme les mouvements étudiants de 2012 au Québec, ou encore ceux du Népal et de Madagascar. Laurence Dechassey, conseillère des Français de l’étranger pour La France insoumise, a qualifié ces violences de « honteuses », soulignant que « taper des enfants, c’est frapper l’avenir du pays ». Les dénonciations ne se limitaient pas à la France : Emily Fleming-Dubuc, militante Inuk et cofondatrice du Front de résistance autochtone populaire, a évoqué un cas de violence policière à Montréal, où un policier du poste 21 aurait uriné sur une personne en situation d’itinérance, selon des révélations de La Presse.
Le rassemblement intervient dans un contexte politique marqué par l’arrivée d’un nouveau gouvernement péquiste au Québec. Les étudiants québécois craignent des mesures d’austérité dans le domaine de l’enseignement supérieur, ce qui a motivé une partie des revendications lors de la manifestation. Le Parti québécois (PQ), souvent abrégé en *péquiste*, est un parti politique québécois qui défend la souveraineté du Québec. Les mobilisations étudiantes au Québec en 2012, également citées dans l’article, avaient conduit à une grève historique contre la hausse des frais de scolarité, un mouvement qui avait paralysé le système d’éducation pendant plusieurs mois. La FAECUM, en formulant ses revendications, cherche à éviter une répétition de cette crise et à améliorer les conditions de vie des étudiants.

