NapseflowNapseflow
Recherche

Xenia Fedorova, or how Russian propaganda turns free thinking on itself

The Conversation France · mis à jour 27 sept.

KEY TAKEAWAYS • On September 24, the European Union sanctioned Xenia Fedorova, the Russian former head of the French arm of Russia Today (RT) and media commentator for the Bolloré group for her role in engaging in foreign information manipulation and interference (FIMI). It follows a French expulsion order against the Russian propagandist in July 2026.

Sanctions européennes

Le 24 septembre 2026, l'Union européenne a imposé des sanctions à Xenia Fedorova, ancienne responsable de la branche française de Russia Today (RT) et commentatrice médiatique pour le groupe Bolloré. Ces mesures visent ses activités de manipulation et d'ingérence dans l'information étrangère (Foreign Information Manipulation and Interference, FIMI), accusées de menacer la démocratie et la stabilité des États membres. Ces sanctions font suite à une décision d'expulsion prise par la France en juillet 2026, où elle était qualifiée de « canal des campagnes de désinformation menées par les autorités russes ». Fedorova conteste ces accusations et se présente comme une victime de la censure, exploitant une rhétorique de victime pour discréditer les médias occidentaux.

Plateformes médiatiques

Après l'interdiction de RT en France en janvier 2023, Xenia Fedorova a trouvé un nouveau relais médiatique en 2025 via les chaînes du groupe Bolloré : CNews, Europe 1 et JDNews. Ces plateformes lui ont permis de défendre régulièrement les positions du Kremlin sur la guerre en Ukraine, minimisant l'invasion russe ou niant les enlèvements documentés d'enfants ukrainiens par les autorités russes. Ces interventions s'inscrivaient dans une stratégie de diffusion de la propagande russe, présentée comme une alternative aux médias traditionnels occidentaux, accusés de « pensée unique ».

Mécanisme rhétorique

Xenia Fedorova utilise une stratégie rhétorique sophistiquée, analysée par Maxime Audinet dans son livre sur RT. Elle reprend les narratifs officiels russes sans les critiquer, tout en présentant RT comme un média « contre-hégémonique » et « alternatif ». Cette approche exploite l'aspiration à la pensée critique des publics occidentaux, en les incitant à remettre en question les récits dominants des médias traditionnels. Elle se présente elle-même comme une voix marginalisée, censurée par un establishment médiatique restrictif, une stratégie qui vise à renforcer sa crédibilité auprès des audiences sceptiques envers les institutions.

Vigilance épistémique

Ce mécanisme repose sur un concept de la science cognitive appelé vigilance épistémique (epistemic vigilance), défini par Dan Sperber et Hugo Mercier. Il s'agit de la capacité humaine à évaluer la fiabilité d'une source d'information en fonction de sa capacité, de sa volonté et de son intérêt à tromper. Cette vigilance est généralement saine, car elle protège contre la manipulation. Cependant, elle peut être détournée : en qualifiant les récits occidentaux sur l'Ukraine de « pensée unique », Fedorova active cette vigilance chez son public, le poussant à douter des institutions démocratiques au profit de sources moins vérifiées, comme les discours officiels russes.

Cynisme généralisé

La stratégie de Fedorova s'inscrit dans une méthode plus large de désinformation russe, théorisée par Christopher Paul et Miriam Matthews sous le nom de firehose of falsehood (« lance à incendie de fausses informations »). Cette approche consiste à produire un volume massif de contenus faux ou contradictoires, diffusés en continu sur plusieurs canaux, sans souci de cohérence. L'objectif n'est pas de convaincre le public d'une version alternative des faits, mais de semer un cynisme généralisé : l'idée que la vérité est inaccessible et que personne ne peut être digne de confiance. Cela rend tout débat rationnel basé sur des faits partagés impossible.

Conservatisme épistémique

Contrairement à l'idée reçue, le biais cognitif dominant n'est pas la crédulité, mais un conservatisme épistémique (epistemic conservatism), défini comme une réticence à accorder sa confiance à un témoignage, même lorsqu'il provient d'une source légitime ou experte. Ce conservatisme pousse les individus à se méfier des institutions démocratiques (médias, experts, gouvernements) en raison de leurs imperfections, tout en accordant leur confiance à des sources moins régulées, comme les discours officiels russes. Cette méfiance envers les institutions est alimentée par des exemples concrets de mensonges passés, comme les armes de destruction massive en Irak en 2003 ou la crise du sang contaminé en France, qui ont érodé la confiance du public.

Ce que ça pourrait changer

Les récits européens sur la guerre en Ukraine reposent sur des institutions qui appliquent des procédures de vérification rigoureuses : audit indépendant, expertise collective, relecture par les pairs et croisement des sources. Une erreur majeure dans ces institutions peut entraîner la perte de réputation ou d'emploi. En revanche, les sources russes, comme le Kremlin, échappent à cette suspicion, bien qu'elles devraient en être la cible principale, car elles défendent un narratif d'un État agresseur. Cette asymétrie dans la vérification des faits explique pourquoi les récits russes, moins transparents et moins soumis à des contre-pouvoirs, sont perçus comme plus « authentiques » par certains publics, malgré leur manque de fiabilité.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.