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Société

Thunder Bay police retaliate against award-winning journalist

Ricochet · mis à jour 12 juin

Force refuse to send official communications to reporter who won a Canadian Screen Award for exposing misconduct in the department The post Thunder Bay police retaliate against award-winning journalist appeared first on Ricochet..

Contexte du conflit

La police de Thunder Bay (Ontario, Canada) refuse de fournir des communications officielles au journaliste Jon Thompson, malgré son rôle central dans des enquêtes majeures sur la corruption et les mauvaises conduites au sein de cette force. Thompson, qui travaille pour un média national mais est financé par une initiative fédérale de journalisme local, a remporté un prix pour son travail en 2026. Les autorités policières justifient cette exclusion en arguant qu'il n'est pas un journaliste « local », bien qu'il vive et travaille à Thunder Bay depuis plus de deux décennies. Cette décision intervient après que ses investigations aient conduit à des poursuites contre plusieurs officiers, dont un sergent-chef condamné à trois ans de prison en mai 2026 pour des actes jugés « délibérément illégaux ». Les motivations de la police sont donc suspectes, d'autant que cette pratique semble cibler spécifiquement les journalistes couvrant les questions autochtones.

Deux listes médiatiques

La police de Thunder Bay maintient deux listes distinctes pour communiquer avec les médias : une pour les journalistes « locaux » et une autre pour les médias « nationaux ». En mai 2026, alors que cinq corps de personnes autochtones sont retrouvés en peu de temps, les journalistes de la liste « locale » reçoivent des invitations à des briefings et des rencontres avec les familles, informations essentielles pour couvrir l'enquête. En revanche, ceux de la liste « nationale », dont Jon Thompson, ne reçoivent que des invitations à des cérémonies symboliques, comme l'élévation d'un drapeau. Cette ségrégation empêche Thompson et d'autres journalistes couvrant les enjeux autochtones de faire leur travail, car ils n'ont pas accès aux informations critiques en temps réel. Parmi les journalistes exclus figurent des professionnels autochtones travaillant pour des médias nationaux, représentant la majorité des reporters capables d'enquêtes approfondies indépendantes des communiqués policiers.

Réactions et accusations

Brent Jolly, président de l'Association canadienne des journalistes, dénonce cette pratique comme une violation flagrante de la transparence attendue d'une institution publique. Il souligne que le rôle du journalisme est de tenir les pouvoirs en place pour responsables et d'informer le public, ce que cette exclusion rend impossible. L'article mentionne également que la police de Thunder Bay a été reconnue coupable de racisme systémique par deux organismes de surveillance distincts. Les tentatives de résolution à l'amiable, menées pendant près de deux ans par l'équipe éditoriale de Ricochet (le média de Thompson), ont échoué, malgré des échanges avec le chef de la police Darcy Fleury et la présidente du conseil de surveillance Karen Machado, elle-même impliquée dans des scandales passés avec la police.

Arguments policiers et contre-arguments

La police de Thunder Bay, représentée par la directrice des communications Tracie Smith, justifie l'exclusion de Thompson en l'accusant de manquer d'intégrité journalistique. Elle cite deux incidents : une erreur mineure dans un post sur les réseaux sociaux (corrigée rapidement) et la publication d'informations non confirmées par la police. Pourtant, ces reproches sont paradoxaux, car la police refuse elle-même de communiquer officiellement avec Thompson. Smith a également déposé des plaintes formelles contre Thompson, qualifiant ses demandes d'accès à l'information de « harcèlement ». Le chef Fleury, en vacances lors de la demande de commentaire, a finalement répété la distinction artificielle entre médias locaux et nationaux, sans répondre aux arguments juridiques avancés par le média.

Cadre juridique et enjeux

Selon l'article 2b de la Charte canadienne des droits et libertés, la liberté d'expression et de presse impose aux institutions publiques, comme la police, une obligation positive d'agir pour garantir l'accès à l'information. Un avocat spécialisé en Ontario a confirmé que l'exclusion de Thompson prive effectivement ce dernier de la possibilité d'exercer son métier, ce qui constitue une interférence substantielle avec sa liberté d'expression. La police a donc le devoir de corriger cette situation en l'incluant dans la liste des médias recevant les communications officielles. Pourtant, la force policière semble privilégier la préservation de sa réputation plutôt que la transparence, malgré les scandales répétés qui l'entourent, y compris des poursuites contre d'anciens chefs comme Sylvie Hauth.

Ce que ça pourrait changer

L'article se conclut par une mise en garde adressée au chef Fleury : le média Ricochet, connu pour sa persévérance, ne compte pas abandonner la lutte pour l'accès à l'information de Thompson. Le média insiste sur le fait que Jon Thompson, originaire du Nord de l'Ontario, continuera à couvrir les activités de la police de Thunder Bay, malgré les représailles. L'article souligne que si cette pratique est tolérée, elle pourrait encourager d'autres forces policières à limiter l'accès des journalistes à l'information, au détriment de la démocratie. L'exemple récent d'un scandale policier à Montréal, révélé en juin 2026, illustre l'importance cruciale de la surveillance médiatique des institutions publiques.

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