☕️ Protection des mineurs : l’Arcom ouvre une enquête sur Mym
Le réseau social pour adultes Mym est dans le viseur de l’Arcom. Le régulateur des communications suspecte la plateforme de deux infractions au règlement européen sur les services numériques (DSA).
L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a ouvert une enquête contre la plateforme Mym, un réseau social destiné aux adultes. Cette enquête concerne deux possibles infractions au règlement européen sur les services numériques (DSA), entré en vigueur en 2022. Le DSA impose des obligations strictes aux plateformes en ligne, notamment en matière de protection des données et de transparence. L’Arcom suspecte Mym de ne pas respecter ces règles, ce qui pourrait entraîner des sanctions si les manquements sont avérés. La plateforme a reçu une demande d’information le 14 octobre 2026 et dispose de quinze jours pour répondre.
Le premier grief de l’Arcom porte sur la protection des mineurs sur Mym. Selon le DSA, les plateformes accessibles aux mineurs doivent mettre en place des mesures « appropriées et proportionnées » pour garantir leur sécurité et leur vie privée. L’Arcom suspecte Mym de ne pas avoir activé correctement les contrôles d’âge, une fonctionnalité essentielle pour empêcher les mineurs d’accéder à des contenus inappropriés. Le DSA impose ces règles à toutes les plateformes, même celles qui ne sont pas classées comme VLOP (Very Large Online Platform, c’est-à-dire une plateforme comptant plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels). Mym, bien que moins connue que d’autres acteurs comme Pornhub ou Amazon, n’échappe pas à ces obligations.
Le deuxième reproche de l’Arcom concerne le manque de transparence de Mym. Le régulateur reproche à la plateforme d’avoir des conditions générales d’utilisation incomplètes et un manque d’informations sur le fonctionnement de ses systèmes de recommandation. Ces systèmes, qui suggèrent des contenus aux utilisateurs, doivent être expliqués clairement pour permettre aux utilisateurs de comprendre comment leurs données sont utilisées. L’Arcom exige que Mym fournisse des réponses précises sous quinze jours, sous peine de sanctions. Cette exigence s’inscrit dans le cadre du DSA, qui impose aux plateformes de rendre compte de leurs pratiques.
L’**Arcom** est l’autorité française chargée de faire appliquer le **DSA** depuis la **loi SREN de 2024**. Cette loi transpose en droit français les obligations du DSA, un règlement européen qui vise à encadrer les services numériques pour protéger les utilisateurs, notamment les mineurs. L’Arcom contrôle les plateformes établies en France, comme Mym, même si elles ne sont pas classées comme **VLOP**. Les sanctions en cas de non-respect du DSA peuvent être lourdes, allant jusqu’à des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial de la plateforme. Mym a donc tout intérêt à répondre rapidement et précisément aux demandes de l’Arcom pour éviter des conséquences financières.

