La CAQ aurait dû s’afficher dans le camp du Non, selon Benoit Charette
Retourner en campagne sans prendre position serait une stratégie «vouée à l’échec»..
Lors des élections québécoises du 5 octobre 2025, la Coalition avenir Québec (CAQ), parti au pouvoir depuis huit ans, a subi une défaite électorale majeure en étant « complètement rayée de la carte », selon l’expression utilisée dans l’article. Cette expression signifie que le parti a perdu tous ses sièges à l’Assemblée nationale, un résultat qui marque la fin de son mandat gouvernemental. Benoit Charette, ministre sortant et ancien membre du Parti québécois (PQ), évoque deux raisons principales à cet échec : l’usure du pouvoir après huit ans de gouvernance, et surtout l’indécision de la CAQ sur la question d’un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec. Cette indécision a été perçue comme un manque de clarté par les électeurs, contribuant à la perte de confiance envers le parti.
La CAQ n’a pas pris position clairement sur la question d’un référendum sur la souveraineté du Québec pendant la campagne électorale. Selon Benoit Charette, cette absence de positionnement a été une erreur stratégique majeure. Il souligne que 70 % des Québécois ne veulent pas d’un référendum et que seulement 9 % le considèrent comme une priorité. Pour lui, le parti aurait dû s’afficher clairement dans le camp du « Non » à un référendum, c’est-à-dire contre l’idée d’un Québec indépendant. Il précise que cette décision n’aurait pas été difficile à prendre, car les données montraient un faible appui à cette idée. Le terme « camp du Non » fait référence au camp politique qui s’oppose à la souveraineté du Québec, par opposition au « camp du Oui », qui la soutient.
Benoit Charette critique la stratégie de la CAQ, dirigée par Christine Fréchette, pour ne pas avoir tranché la question du référendum. Il explique que les discussions en caucus (réunions des députés du parti) et au conseil des ministres n’ont pas permis d’adopter une position claire. Pour lui, retourner en campagne électorale sans avoir tranché cette question est une stratégie « vouée à l’échec ». Il précise qu’il ne fait pas de reproche personnel à Christine Fréchette, mais souligne que la ligne directrice du parti ne permettait pas une position claire. Le terme « caucus » désigne une réunion privée des membres d’un parti politique, souvent utilisée pour discuter des stratégies et des positions à adopter.
Pour l’avenir, Benoit Charette recommande à la CAQ de prendre une position claire soit pour le « Oui » soit pour le « Non » à un référendum sur la souveraineté du Québec. Il insiste sur l’importance de ne pas répéter l’indécision de la campagne électorale de 2025, qu’il juge comme une erreur majeure. Selon lui, un positionnement clair est essentiel pour éviter un nouvel échec électoral. Il ajoute que cette clarté permettrait au parti de mieux répondre aux attentes des électeurs et de se reconstruire après sa défaite. La CAQ, fondée en 2011, est un parti politique québécois de centre-droit qui prône une autonomie accrue du Québec au sein du Canada.
Benoit Charette, qui quitte la politique après 18 ans de carrière, a été un membre du Parti québécois avant de rejoindre la CAQ. Son parcours politique illustre les divisions internes au Québec sur la question de la souveraineté. Il évoque son passé d’ex-péquiste converti au fédéralisme, c’est-à-dire à l’idée que le Québec devrait rester une province du Canada. Son analyse de la défaite de la CAQ s’appuie sur son expérience personnelle et politique, ainsi que sur les données électorales qui montrent un rejet massif de l’idée d’un référendum. Le Parti québécois (PQ) est un parti politique québécois fondé en 1968, qui défend la souveraineté du Québec et son indépendance du Canada.

