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Généraliste

Une vétérinaire de Québec dénonce l’augmentation des incivilités dans sa profession

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 16 j

La Dre Myriam Charest constate que le phénomène n'est pas nouveau, mais qu'il est en augmentation..

Incivilités en hausse

La Dre Myriam Charest, vétérinaire à Québec depuis 14 ans et vice-présidente de l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) en pratique des petits animaux, constate une augmentation des incivilités envers les vétérinaires. Ces comportements, bien que non nouveaux, se multiplient. Ils incluent des insultes, des reproches, des refus de payer, voire des menaces physiques ou judiciaires. Par exemple, une cliente a menacé une employée de s’en prendre physiquement à la Dre Charest après avoir été informée de la nécessité de tests supplémentaires pour son animal. Les tensions sont notamment liées à la hausse des prix des soins vétérinaires, qui s’élèvent souvent à des centaines, voire des milliers d’euros, selon la complexité des traitements. Cette inflation des coûts, combinée à une accessibilité réduite des services, génère de la frustration chez les propriétaires d’animaux.

Enquête révélatrice

Une enquête menée par la Fédération des associations francophones de vétérinaires pour animaux de compagnie (FAFVAC) entre janvier et février 2026 auprès de 741 vétérinaires francophones, dont 29,5 % au Québec, révèle que les incivilités ne sont pas des cas isolés. Près de 70 % des répondants ont subi des reproches ou des insultes, et un quart ont été menacés de poursuites judiciaires ou d’atteinte à leur réputation sur les réseaux sociaux. De plus, 57 % des vétérinaires ont été confrontés à des refus de paiement, tandis que 10 % ont été victimes de harcèlement en ligne. Ces chiffres illustrent l’ampleur du problème, qui touche à la fois la santé mentale des professionnels, la gestion des cliniques et l’attractivité du métier. L’AMVQ, qui a participé à l’enquête, confirme percevoir une hausse de ces incidents.

Causes économiques

Les vétérinaires expliquent l’augmentation des tensions par la hausse des prix des soins, nécessaire pour retenir le personnel dans un contexte de pénurie et d’inflation. Par exemple, les salaires des vétérinaires et du personnel soignant ont augmenté pour éviter les départs, ce qui se répercute sur les tarifs des consultations et des traitements. Cette situation crée des dilemmes pour les propriétaires d’animaux, qui doivent parfois choisir entre des soins coûteux et l’absence de diagnostic, ou refuser des traitements par manque de moyens. La Dre Valérie Bissonnette, présidente de l’AMVQ, souligne que ces décisions sont souvent déchirantes pour les familles, car elles impliquent de renoncer à des soins essentiels pour leur animal.

Conséquences professionnelles

Les incivilités ont des répercussions majeures sur la profession. Plus de la moitié (52 %) des vétérinaires sondés ont dû refuser de prendre en charge de nouveaux clients, et 38 % ont exclu définitivement des propriétaires. Ces mesures, bien que nécessaires pour protéger les équipes, réduisent l’accessibilité des soins vétérinaires et alimentent un cercle vicieux : moins de clients acceptent les tarifs, ce qui pousse les vétérinaires à augmenter leurs prix, aggravant ainsi les tensions. La Dre Bissonnette insiste sur l’urgence d’agir pour préserver l’attractivité du métier et éviter que la situation ne se dégrade davantage, notamment en soutenant les professionnels sur le plan psychologique et juridique.

Ce que ça pourrait changer

Pour améliorer la situation, les vétérinaires proposent plusieurs pistes. La Dre Myriam Charest plaide pour une meilleure information du public sur la réalité de leur métier, afin de réduire les attentes irréalistes et les mauvaises surprises. Elle souligne que la frustration des propriétaires, bien que compréhensible, est souvent mal canalisée. L’AMVQ et la FAFVAC travaillent à des mesures pour soutenir les professionnels, comme des formations sur la gestion des conflits ou des outils pour signaler les comportements agressifs. La présidente de l’AMVQ insiste sur la nécessité d’agir collectivement pour que les vétérinaires puissent continuer à exercer leur métier dans des conditions dignes, malgré les défis économiques et sociaux.

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