Labubu, peluches
À Hong Kong, les machines à pince font scintiller les boutiques ouvertes toute la nuit, où viennent tenter leur chance des joueurs de tous âges. “The Guardian” plonge dans cette passion très pop, entre chasse au lot rare, “échappatoire au stress” et inquiétudes croissantes sur l’addiction..
À Hong Kong, les machines à pince, aussi appelées gashapon ou crane machines en anglais, connaissent un engouement sans précédent. Ces automates permettent de gagner des lots en attrapant des objets avec une pince mécanique, souvent des peluches, des poupées Labubu ou des cartes de collection Pokémon. Leur popularité a explosé ces dernières années, au point que la ville compte désormais plus de 2 500 machines, un nombre supérieur à celui des commerces traditionnels fermés après la pandémie. Ces boutiques, parfois ouvertes 24 heures sur 24, attirent une clientèle variée, des enfants aux adultes, dans un contexte où le divertissement devient une échappatoire au stress quotidien.
Les joueurs hongkongais sont attirés par ces machines pour deux raisons principales. D’une part, elles offrent une distraction immédiate et ludique, comme l’explique Hiu-ching, une manipulatrice en radiologie de 28 ans : « Rentrer dans une boutique de machines à pince, c’est comme une échappatoire ! ». Certains joueurs, comme elle, actionnent la manette au hasard, comparant l’expérience à un lancer de dé. D’autre part, la chasse aux lots rares, notamment les objets de collection comme les Labubu ou les cartes Pokémon, peut représenter une valeur de revente intéressante sur le marché secondaire. Cependant, cette passion soulève des inquiétudes croissantes quant à une possible addiction, certains joueurs ne pouvant s’empêcher de jouer en permanence.
La prolifération des machines à pince à Hong Kong s’inscrit dans un contexte économique particulier. Ces commerces occupent souvent les espaces laissés vacants par les boutiques traditionnelles, victimes de la pandémie. Leur succès reflète une stratégie de reconversion des locaux commerciaux, avec des loyers moins élevés et une demande accrue pour des loisirs accessibles. Les machines à pince, peu coûteuses à installer et à entretenir, permettent aux propriétaires de petits stands de générer des revenus complémentaires, comme le fait Hiu-ching qui a loué sa propre machine.
Parmi les acteurs de cette tendance, on trouve des joueurs réguliers comme Jerry et Parco, deux amis qui se retrouvent chaque mois pour jouer. Leur expérience illustre l’aspect social de cette activité, où la compétition amicale et l’échange de lots rares renforcent les liens. Par ailleurs, des commerçants comme Hiu-ching, qui a transformé sa passion en activité professionnelle, montrent comment ce loisir peut aussi devenir une source de revenus. Ces témoignages mettent en lumière la diversité des motivations derrière l’engouement pour les machines à pince, entre divertissement pur et opportunité économique.
Malgré leur popularité, les machines à pince suscitent des débats à Hong Kong. Certains joueurs, comme Hiu-ching, reconnaissent un manque de maîtrise dans leur utilisation, évoquant une forme de dépendance. Cette situation rappelle les mécanismes des jeux de hasard, où l’espoir de gagner un lot rare peut encourager une pratique excessive. Bien que l’article ne mentionne pas de mesures de régulation spécifiques, il souligne une prise de conscience croissante des risques liés à cette addiction, notamment chez les jeunes joueurs. La ville pourrait, à terme, envisager des restrictions pour encadrer cette pratique.

