Trump annonce le rétablissement du blocus des ports iraniens et l’instauration d’une taxe maritime
Les États-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l’Iran, après avoir annoncé lundi le retour du blocus naval des ports iraniens. Selon la presse américaine, Donald Trump a pris de court une partie de son administration en annonçant la mise en place de droits de passage de 20 % sur le fret maritime transitant par le détroit d’Ormuz..
Le président américain Donald Trump a annoncé le 13 juillet 2026 le rétablissement du blocus des ports iraniens situés près du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Ce détroit est un passage clé pour le transport mondial de pétrole, avec environ 20 à 30 % du trafic pétrolier mondial qui y transite chaque jour. Le blocus vise à empêcher uniquement les navires ou les clients de l’Iran d’entrer ou de sortir de ses ports, sans affecter les autres pays. L’armée américaine a précisé que cette mesure entrerait en vigueur le 14 juillet 2026 à 18 heures. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et l’Iran, après que Téhéran a fermé temporairement le détroit le 11 juillet 2026 en réponse à ce qu’elle considère comme une intrusion dans ses eaux territoriales. Trump a déclaré que les États-Unis se présenteraient désormais comme les « Gardiens du détroit d’Ormuz », une formule symbolique pour marquer leur contrôle sur cette zone.
Quelques heures après l’annonce du blocus, les États-Unis ont mené une frappe militaire de cinq heures contre des cibles en Iran. Selon le Centcom (le commandement américain pour le Moyen-Orient), les frappes ont visé des installations militaires dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, notamment Bouchehr et Bandar Abbas. L’objectif affiché était de « détruire les capacités offensives de Téhéran » et de protéger le détroit d’Ormuz. Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de pression maximale sur l’Iran, après l’échec des négociations récentes. Le président Trump a qualifié cet accord précédent de « test », remettant en cause sa validité et rejetant l’idée d’un « formidable accord » qui aurait pu ouvrir la voie à une paix plus large au Moyen-Orient. Cette escalade militaire intervient dans un contexte où les discussions diplomatiques entre les deux pays sont désormais en grande difficulté.
En parallèle du blocus, Donald Trump a annoncé l’instauration d’une taxe maritime de 20 % sur toutes les cargaisons transitant par le détroit d’Ormuz. Selon lui, cette taxe servirait à rembourser les États-Unis pour le contrôle et la sécurisation de cette voie maritime. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a réagi en ironisant sur cette mesure, affirmant que « l’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours ». Il a également critiqué le montant de la taxe, la jugeant trop élevée, tout en laissant entendre que Téhéran proposerait une contre-offre « équitable ». Cette taxe a surpris plusieurs acteurs internationaux, y compris au sein de l’administration Trump, où le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio s’y oppose fermement. Il considère cette mesure comme une « violation du droit international », une branche du droit qui régit les relations entre États et leurs obligations mutuelles.
Les analystes et observateurs s’interrogent sur les conséquences de ces décisions. Alex Vatanka, chercheur au Middle East Institute, qualifie la stratégie américaine de « coup de poker », estimant que les sanctions accrues pourraient pousser l’Iran à négocier, mais risquent aussi d’entraîner une escalade militaire. Il souligne que pour l’Iran, la question du détroit d’Ormuz est devenue une question de souveraineté, car c’est désormais la seule carte dont Téhéran dispose pour répondre à la pression américaine et israélienne. De son côté, Politico note que les discussions diplomatiques entre les deux pays sont désormais en grande difficulté, malgré leur poursuite. L’Iran, de son côté, a réaffirmé sa détermination à maintenir le contrôle sur le détroit, tout en laissant entendre qu’il pourrait négocier si les conditions étaient jugées équitables.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran, marquées par des décennies de conflits indirects et de sanctions économiques. Le détroit d’Ormuz, contrôlé par l’Iran depuis des décennies, est un point de friction majeur en raison de son importance stratégique pour le commerce mondial, notamment le pétrole. Les États-Unis, qui soutiennent traditionnellement leurs alliés dans la région comme *Israël* et l’*Arabie saoudite*, cherchent à limiter l’influence iranienne. L’Iran, de son côté, considère que les mesures américaines, comme le blocus ou la taxe maritime, sont des violations de sa souveraineté et une tentative de déstabilisation. Cette crise illustre les défis posés par la gestion des routes maritimes stratégiques et les risques d’escalade dans une région déjà instable.

