Téléphones portables à l’école : le nombre de pays les interdisant a doublé en trois ans
Depuis le 1er septembre, les portables sont interdits dans les lycées français. Dernière mesure en date d’une tendance qui ne cesse de s’ancrer à travers le monde.
Depuis le 1er septembre 2026, la France interdit l'usage des téléphones portables dans les lycées, étendant ainsi une mesure déjà en vigueur dans les écoles et collèges depuis 2018. Cette décision couvre désormais l'ensemble de la scolarité, de la maternelle au lycée. L'objectif est de limiter les distractions, améliorer la concentration des élèves et réduire les risques liés à l'exposition prolongée aux écrans, comme le cyberharcèlement ou la baisse des résultats scolaires. La mise en œuvre de cette interdiction dans les lycées, où les élèves ont entre 15 et 18 ans, pourrait rencontrer des difficultés pratiques, selon les syndicats de l'enseignement. Cette mesure s'inscrit dans une tendance mondiale croissante, avec de nombreux pays adoptant des restrictions similaires.
Depuis trois ans, le nombre de pays interdisant ou réglementant strictement l'usage des téléphones portables à l'école a doublé. Selon l'UNESCO, 114 systèmes éducatifs sur 195 pays dans le monde, soit 58 %, ont désormais mis en place une interdiction nationale en mars 2026. En juin 2023, seulement 24 % des pays appliquaient cette mesure. En janvier 2025, ce chiffre était passé à 40 %, et en mars 2026, il a encore augmenté de près de 20 points. Cette accélération reflète une prise de conscience mondiale des effets négatifs des smartphones sur l'apprentissage et le bien-être des élèves. Les pays concernés incluent des exemples variés comme les Pays-Bas, le Brésil, l'Italie, la Finlande, le Danemark, la Belgique, la Hongrie, la Corée du Sud, la Bolivie, le Costa Rica, la Croatie, la Géorgie, les Maldives et Malte.
Plusieurs pays ont récemment renforcé ou adopté des mesures strictes concernant les téléphones portables à l'école. Aux États-Unis, 39 États sur 50 ont adopté des lois ou des réglementations pour restreindre leur utilisation dans les établissements scolaires. En Israël, les téléphones portables sont interdits dans les écoles primaires depuis février 2026, et cette mesure doit être étendue aux collèges à la rentrée scolaire. Aux Pays-Bas, les restrictions ont d'abord été appliquées dans le secondaire en janvier 2024 avant d'être étendues au primaire. En Italie, une loi interdit désormais les smartphones dans les lycées, une décision motivée par la baisse alarmante des résultats scolaires. D'autres pays comme la Finlande, le Danemark ou la Belgique ont également durci leurs règles, tandis que des nations comme la Bolivie ou Malte ont rejoint cette liste récemment.
Les raisons de ces interdictions sont multiples et partagées par de nombreux pays. Elles incluent la volonté d'améliorer la concentration des élèves, de réduire le temps d'écran excessif, de limiter les risques de cyberharcèlement et de protéger la santé mentale des jeunes. Les études montrent que les smartphones, bien que utiles, peuvent nuire à l'apprentissage en perturbant l'attention et en favorisant la procrastination. Cependant, la mise en œuvre de ces mesures n'est pas toujours simple. Par exemple, aux États-Unis, l'application des interdictions dans les lycées pourrait rencontrer des résistances de la part des élèves ou des parents. De plus, certains pays comme la France doivent adapter leurs infrastructures pour surveiller le respect de ces règles, ce qui représente un défi logistique et financier.
Si la tendance est claire, les opinions sur l'efficacité de ces interdictions varient. Aux États-Unis, un sondage relayé par *The Wall Street Journal* indique que, pour la première fois, une majorité d'Américains se prononcent en faveur de ces restrictions, alors qu'ils étaient auparavant divisés. En France, la décision a suscité des débats, certains estimant que cette mesure est nécessaire pour protéger les jeunes, tandis que d'autres craignent qu'elle ne soit difficile à appliquer ou qu'elle prive les élèves d'un outil pédagogique utile. L'UNESCO souligne que ces interdictions s'inscrivent dans une réflexion plus large sur l'équilibre entre l'utilisation du numérique et la protection des jeunes dans un monde de plus en plus connecté.

