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Le plus vieux pin blanc du Québec se trouve-t-il dans Lanaudière?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 9 j

L'arbre a des centaines d'années, mais combien exactement?.

Découverte d'un pin blanc

Un pin blanc exceptionnel a été découvert en 2007 par Jonathan Bordeleau, un pépiniériste de Saint-Damien en Lanaudière, lors d'une sortie en raquettes avec ses chiens de traîneau. L'arbre se trouve sur une pente rocheuse au nord de cette municipalité, dominant la vallée du Crique-à-David. Ce cours d'eau, reconnu comme un crique (terme masculin régional désignant un petit cours d'eau) par la Commission de toponymie du Québec, prend sa source au lac à la Pluie et se jette dans la rivière Noire. Le pin blanc se distingue par son diamètre impressionnant de 3,77 mètres et son âge estimé entre 600 et 700 ans, ce qui en fait un spécimen remarquable.

Méthode de datation

Pour estimer l'âge de l'arbre, Gabriel Grenier, un spécialiste des arbres et professeur en foresterie, a utilisé une tarière de Pressler, un outil qui permet d'extraire une fine carotte de bois jusqu'au cœur de l'arbre. Cette carotte, longue de seulement 17 centimètres, contenait 200 cernes de croissance, chacun représentant une année de vie de l'arbre. Cependant, le centre du tronc étant pourri et creux, l'extrapolation de l'âge total reste incertaine. Le rayon de l'arbre étant de 1,2 mètre, une carotte complète aurait dû mesurer 60 centimètres, mais l'extraction n'a permis d'en récupérer qu'une partie. Pour affiner cette estimation, des analyses supplémentaires sont prévues par la Direction des inventaires forestiers du ministère des Ressources naturelles et des Forêts et par le Laboratoire de dendrochronologie de l'Université Laval.

Survie face aux catastrophes

Ce pin blanc a survécu à plusieurs épreuves au fil des siècles. Il a résisté aux coupes forestières des derniers siècles, ainsi qu'à un gigantesque incendie qui a dévasté la région en 1903, épargnant une petite zone sous le lac Raquette où l'arbre se trouve. Plusieurs facteurs expliquent sa longévité : une entaille faite à la hache il y a plus de 100 ans, probablement par des bûcherons qui ont renoncé à l'abattre car il penche vers un cap rocheux où il serait tombé. De plus, une loupe (excroissance visible sur son tronc) le rendait moins intéressant pour la production de planches droites. Enfin, il a perdu sa cime il y a longtemps, ce qui l'a protégé des tempêtes et des vents violents, contribuant ainsi à sa survie.

Projet de protection

La découverte de ce pin blanc s'inscrit dans un projet d'aire protégée à l'étude depuis 2024 par le gouvernement du Québec. L'objectif est de protéger 30 % du territoire de la province d'ici 2030. L'association Les Ami.e.s de la biodiversité du Crique-à-David a invité Gabriel Grenier et Radio-Canada pour faire connaître ce projet et cet arbre remarquable. Une deuxième expédition est envisagée pour prélever une carotte plus haut sur l'arbre, où le bois est moins creux, afin de réduire les incertitudes sur son âge. Cette analyse permettrait d'obtenir une datation plus précise grâce à la dendrochronologie, une méthode scientifique qui compare les cernes de croissance de l'arbre à ceux d'autres échantillons de la région.

Comparaison avec d'autres pins

Bien que ce pin de Saint-Damien soit probablement le plus vieux du Québec, il n'est pas le plus imposant. Son diamètre de 3,77 mètres est inférieur à celui du pin blanc de La Patrie dans les Cantons-de-l'Est, et surtout à celui du pin du parc régional du Haut-Pays de Kamouraska, dont la circonférence atteint 4 mètres. Ce dernier, estimé entre 255 et 550 ans, est considéré comme le plus grand pin blanc du Québec. À l'échelle canadienne, les pins blancs les plus anciens répertoriés se trouvent en Ontario, où cet arbre est l'emblème arboricole de la province, avec des âges autour de 500 ans. Aux États-Unis, des mentions de pins blancs âgés de 800 ans ont été rapportées.

Ce que ça pourrait changer

Gabriel Grenier, qui a examiné des pins de 300 ans ailleurs au Québec, considère ce spécimen comme le plus vieux qu'il ait jamais rencontré. Il souligne son *motif d'écorce en carapace de tortue*, typique des arbres très anciens, ainsi que son élagage naturel, qui lui donne une apparence élancée sans branches basses. Le professeur Guillaume Moreau de l'Université Laval s'intéresse également à l'analyse de la carotte prélevée, utilisant des méthodes de *dendrochronologie* pour reconstruire la chronologie de vie de l'arbre. Cette approche consiste à comparer ses cernes à ceux d'autres carottes déjà mesurées et datées dans la région, afin d'obtenir une estimation plus fiable de son âge.

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