Ecosia lâche Mistral et se tourne vers les modèles chinois
Ecosia en a soupé de Mistral. Le moteur de recherche allemand a en effet décidé de se passer des services de l’entreprise IA française, dont les modèles ont déçu.
En mai 2026, le moteur de recherche Ecosia a remplacé son fournisseur d’intelligence artificielle (IA) OpenAI par Mistral, une entreprise française spécialisée dans les modèles d’IA. Cependant, dès septembre 2026, Ecosia a annoncé son intention de quitter Mistral pour se tourner vers des modèles chinois. Le fondateur et PDG d’Ecosia, Christian Kroll, a justifié cette décision en critiquant la qualité des modèles de Mistral, qu’il jugeait en retard d’un an par rapport à la concurrence. Il a également pointé des problèmes techniques récurrents, expliquant que son entreprise était devenue un client trop important pour Mistral, ce qui aurait pu influencer la qualité du service. Cette rupture intervient après seulement quatre mois de collaboration.
Christian Kroll a souligné que les modèles de Mistral ne correspondaient pas aux objectifs environnementaux d’Ecosia, notamment en raison de l’utilisation d’électricité nucléaire en France pour alimenter les data centers. Bien que l’énergie nucléaire soit présentée comme une solution propre par la France, Kroll a exprimé des doutes sur la souveraineté de Mistral, estimant que ses investisseurs internationaux remettaient en cause son indépendance. Il a déclaré : « Le fait que Mistral dépende d’investisseurs internationaux n’est, selon nous, pas véritablement souverain ». Cette critique s’inscrit dans une volonté de privilégier des solutions locales et alignées sur les valeurs écologiques d’Ecosia.
Pour remplacer Mistral, Ecosia a choisi de s’appuyer sur des modèles à poids ouverts (ou open source) développés en Chine, notamment Qwen, GLM et Kimi, hébergés par la plateforme Melious. Christian Kroll a qualifié cette approche de « grande opportunité pour l’Europe », car elle permet de réduire les coûts de moitié tout en améliorant la qualité et les performances. Contrairement aux lacunes techniques de Mistral, les problèmes liés à la censure ou à la partialité des modèles chinois pourraient être corrigés, selon lui. Cette stratégie vise à éviter des dépenses massives (des milliards d’euros) pour développer des modèles d’IA performants, en s’appuyant sur des solutions existantes.
Le PDG de Mistral, Arthur Mensch, a réagi publiquement sur le réseau social X (ex-Twitter) en soulignant que son entreprise, comme Ecosia, travaillait avec des services gouvernementaux. Il a également rappelé que l’énergie nucléaire française était un atout pour attirer les data centers, en réponse aux critiques d’Ecosia. Par ailleurs, Qwant, un autre moteur de recherche européen partenaire d’Ecosia, continue d’utiliser les modèles de Mistral pour ses réponses instantanées. Cependant, Qwant a indiqué en juillet 2026 qu’il évaluait d’autres options en raison de l’évolution des tarifs de Mistral, sans préciser s’il suivrait Ecosia dans son changement de fournisseur.
Le directeur scientifique de Mistral, **Guillaume Lample**, a proposé à Ecosia de tester dès que possible le nouveau modèle **Large 4**, offrant même un accès anticipé. Cette initiative vise à démontrer les progrès techniques de Mistral et à tenter de retenir des clients comme Ecosia. Cependant, cette proposition n’a pas suffi à convaincre Christian Kroll, qui a déjà signé un partenariat avec des modèles chinois. La situation illustre les tensions entre les acteurs européens de l’IA, où les questions de souveraineté, de coût et de performance jouent un rôle clé dans les choix technologiques.

