NapseflowNapseflow
Culture

Cher Journal : t'écrire fait-il de moi un écrivain ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 17 j

Cachés ou cadenassés, les journaux intimes, par définition, ne semblent pas être destinés à être lus par quiconque et encore moins peut-être à rejoindre les rayonnages des bibliothèques. Et pourtant....

Le journal intime méconnu

Les journaux intimes, souvent cachés ou verrouillés, ne sont généralement pas destinés à être lus par autrui. Pourtant, ces écrits personnels, qui relèvent du genre de l’autobiographie, commencent à être reconnus pour leur valeur. Longtemps décriés par des critiques comme Roland Barthes, ils étaient considérés comme des œuvres sans structure ni sens. Cependant, des chercheurs comme Philippe Lejeune ont œuvré pour réhabiliter ce genre littéraire. Aujourd’hui, environ 3 millions de Français pratiquent l’écriture journalière. Ces textes, qualifiés de littérature ordinaire, constituent une source précieuse de témoignages sur des expériences de vie variées. L’Association pour l’autobiographie et le Patrimoine Autobiographique (APA), fondée il y a plus de 30 ans, collecte, archive et valorise ces écrits anonymes qui ne trouvent pas d’autre destinataire.

L’APA et sa mission

L’APA, co-dirigée par Claudine Krishnan, est une association qui recueille et met en valeur les journaux intimes d’anonymes. Elle joue un rôle clé dans la préservation de ces écrits en les lisant, en les archivant et en les rendant accessibles. L’APA organise également des événements comme la journée d’étude « Têtes chercheuses à l’APA », prévue le 10 décembre 2026 à l’École normale supérieure de Lyon. Cette association illustre l’importance de ces textes dans la compréhension des identités individuelles et collectives, en offrant un espace de liberté et d’expérimentation pour leurs auteurs.

L’adolescence et l’écriture

L’écriture d’un journal intime commence souvent à l’adolescence, une période charnière où les individus cherchent à se construire et à se définir. Emma Roubertie, éditrice aux éditions JC Lattès, souligne que le journal devient alors « un premier espace d’indépendance ». Claudine Krishnan ajoute que ce carnet est « un espace où l’on se construit soi-même ». Cette pratique permet aux jeunes de s’exprimer librement, sans jugement, et de mieux comprendre leur propre identité à travers le récit de soi.

La lecture des journaux intimes

Lire un journal intime est une expérience comparable à une rencontre, selon Emma Roubertie. Elle décrit la lecture du journal de Nadine Renaud, une femme ayant vécu son adolescence dans les années 1960, comme « un trésor immense » qui permet de se reconnaître dans une autre personne. Claudine Krishnan, qui lit ces textes depuis 30 ans, insiste sur leur richesse : « un espace de totale liberté et d’expérimentation ». Ces écrits offrent un rapport unique à la lecture, différent de celui des autres types de textes, car ils reflètent une intimité brute et authentique.

Identité et récit de soi

Emma Roubertie explique que « nos identités sont narratives » : nous existons à travers les récits que nous recevons et que nous construisons. Le journal intime participe à ce « travail d’alliage d’histoires » appelé le récit de soi. Il permet de mieux comprendre qui nous sommes en structurant nos expériences et nos émotions. Cette dimension narrative est essentielle pour appréhender l’importance de ces écrits dans la construction de soi et dans la transmission de témoignages uniques.

Ce que ça pourrait changer

L’ouvrage collectif *« Interdit de lire! »*, paru le 28 octobre 2026 aux éditions JC Lattès, présente des extraits de journaux intimes de huit jeunes diaristes. Ces textes abordent leurs peurs, leurs désirs, leurs questionnements et leurs joies. Une soirée de lancement est prévue le 10 novembre 2026 à la librairie de Paris, place Clichy, en présence de certains contributeurs. Cet ouvrage illustre la volonté de donner une visibilité à ces écrits personnels, souvent méconnus, et de montrer leur valeur littéraire et humaine.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.