En Zambie, l’inquiétante volte-face du président Hakainde Hichilema
Quelques jours avant l’investiture du président Hakainde Hichilema, tout juste réélu, son principal opposant a été mis en examen pour trahison et transféré dans une prison de haute sécurité. Les observateurs locaux craignent d’assister à une dérive autoritaire..
Le président zambien Hakainde Hichilema a été réélu en Zambie le 13 août 2026, marquant le début de son second mandat. Avant cette élection, il était perçu comme un dirigeant charismatique et providentiel, salué pour avoir redressé une économie zambienne en ruine. Son image était celle d’un homme d’affaires compétent, soutenu par la communauté internationale et par une partie croissante de la population. Cependant, cette perception positive a commencé à s’effriter rapidement après sa réélection, notamment avec des décisions politiques controversées.
Quelques jours avant l’investiture de Hichilema, prévue le 1er septembre 2026, son principal opposant, Brian Mundubile, chef de file de l’opposition, a été arrêté le 27 août 2026. Mundubile s’était réfugié dans l’enceinte des Nations unies à Lusaka, la capitale zambienne, après un raid des forces de l’ordre sur l’une de ses résidences, qui a causé la mort d’un ancien ministre. Il s’est rendu aux autorités quelques jours plus tard, craignant pour sa sécurité. Mundubile est accusé de trahison, un crime passible de la prison à perpétuité en Zambie.
Depuis l’élection, les autorités zambiennes ont multiplié les mesures répressives contre l’opposition. Au total, 18 membres de l’opposition ont été mis en examen pour trahison, et plus de 300 autres ont été détenus ou arrêtés sans être poursuivis. Brian Mundubile a été transféré dans la prison de haute sécurité de Mukobeko, une institution connue pour ses conditions difficiles, quelques jours avant l’investiture de Hichilema. Ces actions ont suscité des craintes parmi les observateurs locaux et internationaux quant à une possible dérive autoritaire du gouvernement.
Les observateurs locaux et internationaux s’alarment de ces mesures, craignant que la Zambie ne glisse vers un régime autoritaire. Jusqu’à récemment, Hichilema était admiré pour sa gestion économique et sa capacité à stabiliser le pays après une période de crise. Cependant, l’arrestation et le traitement de l’opposition, ainsi que les accusations de trahison, rappellent des pratiques autoritaires. Ces événements surviennent dans un contexte où la Zambie, pays d’Afrique australe, tente de se positionner comme une démocratie stable sur le continent.
La Zambie est une république d’Afrique australe, indépendante depuis 1964, connue pour ses ressources naturelles, notamment le cuivre. Depuis son indépendance, le pays a connu des périodes de stabilité politique alternant avec des phases de turbulence. Hichilema, un homme d’affaires devenu homme politique, a été élu en 2021 après plusieurs tentatives infructueuses. Son élection avait été perçue comme un tournant démocratique, mais les récents événements remettent en cause cette image. La répression de l’opposition et les accusations de trahison pourraient fragiliser la crédibilité internationale de la Zambie.

