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Les priorités autochtones, aussi fondamentales qu’invisibles dans la campagne

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 23 j

Les questions chères à de grandes organisations autochtones ont peu de visibilité, malgré leur importance..

Priorités autochtones ignorées

Les questions prioritaires pour les peuples autochtones du Québec, comme l'éducation, le développement économique, l'accès aux services publics ou la santé, sont les mêmes que celles de nombreux électeurs québécois. Pourtant, ces enjeux sont rarement abordés par les partis politiques lors de la campagne électorale de 2026. Francis Verreault-Paul, chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), souligne que cette absence de discussion s'explique en partie par le faible poids démographique et électoral des Autochtones au Québec. Selon lui, les partis politiques ne considèrent pas ces communautés comme un électorat stratégique, ce qui les rend invisibles dans les débats. Tanya Sirois, directrice générale du Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ), partage ce constat et dénonce une approche qui va à l’encontre de la responsabilité populationnelle d’un gouvernement. Elle rappelle qu’un futur gouvernement a le devoir de représenter l’ensemble des personnes sur son territoire, sans distinction.

Crises comme déclencheurs

Les enjeux autochtones ne sont abordés par les partis politiques que lorsqu’une crise éclate ou lors de négociations, selon Tanya Sirois. Cette approche ponctuelle et réactive, plutôt que proactive, est critiquée car elle ne permet pas de résoudre durablement les problèmes. Les crises actuelles au Québec, comme le logement, l’itinérance, l’éducation ou le coût de la vie, touchent aussi les peuples autochtones, et même davantage que la population générale. Pourtant, ces problèmes ne sont pas intégrés de manière systématique dans les programmes électoraux. Francis Verreault-Paul et Tanya Sirois soulignent que cette stratégie est inefficace et contre-productive, car elle ne permet pas d’établir une relation de confiance durable avec les Premières Nations. Ils espèrent que ces questions trouveront une place centrale dans la campagne au fil des jours.

Santé et éducation clés

Pour réduire les inégalités socioéconomiques qui affectent les peuples autochtones, Tanya Sirois insiste sur l’importance de commencer par la santé et le bien-être. Elle explique que sans une bonne santé, il est difficile pour une personne de se consacrer à ses études, à un retour en emploi ou à d’autres projets de vie. La santé et le mieux-être sont donc des piliers essentiels pour améliorer la situation sociale et économique des Autochtones. Plus de 60 % des Autochtones au Québec vivent en milieu urbain, où les services de santé passent par les cliniques des Centres d’amitié autochtones. Ces centres offrent des soins culturellement adaptés, comme la première clinique de santé autochtone ouverte en 2024 dans la région de Montréal. Tanya Sirois rappelle que le RCAAQ a une entente avec le ministère de la Santé depuis 2021 pour financer ces services, mais souhaite que ce financement devienne pérenne d’ici 2030 pour éviter les ruptures liées aux changements politiques.

Éducation, colonne vertébrale

Francis Verreault-Paul considère que l’éducation est la colonne vertébrale de l’avenir des Premières Nations. Pour lui, l’éducation ne se limite pas à l’obtention d’un diplôme, mais inclut aussi la revitalisation des langues, de la culture et des pratiques de transmission culturelle. Il interpelle les chefs de partis pour qu’ils s’engagent à améliorer l’accès des Autochtones aux services publics, notamment en matière de protection de la jeunesse, de sécurité publique, de santé et d’éducation. L’APNQL et le RCAAQ demandent des engagements concrets pour réduire les écarts socioéconomiques. Malgré les invitations lancées aux chefs de partis pour visiter les cliniques de santé autochtones, aucun n’a encore officiellement accepté de le faire, selon Tanya Sirois. Elle souligne que les questions autochtones sont souvent abordées de manière négative, sans reconnaître les avancées réalisées.

Faible participation électorale

Le faible poids électoral des peuples autochtones au Québec explique en partie pourquoi les partis politiques ne les interpellent pas davantage. Selon Francis Verreault-Paul, cette situation crée un paradoxe : les partis se concentrent sur des stratégies électorales à court terme, en ciblant des groupes démographiquement plus influents, au détriment d’une approche inclusive et responsable. Tanya Sirois ajoute que cette logique va à l’encontre de ce que signifie gouverner, car elle laisse de côté un pan de la population sans justification autre que stratégique. Elle rappelle que 60 % des Autochtones vivent en milieu urbain, où ils sont confrontés aux mêmes défis que la population générale, mais avec des ressources et des services souvent insuffisants. Cette situation rend leur inclusion dans les débats électoraux d’autant plus nécessaire.

Ce que ça pourrait changer

Francis Verreault-Paul souligne que l’avenir économique du Québec, notamment l’exploitation et le développement des territoires et des ressources naturelles, passe indéniablement par un partenariat direct avec les Premières Nations. Il explique que les partis politiques actuels se concentrent sur la conquête du pouvoir lors des élections, sans préparer le terrain pour des collaborations futures. Selon lui, ignorer les Autochtones dans les débats économiques revient à manquer une occasion fondamentale d’établir une base de confiance avec eux. Il espère que les partis prendront conscience de cette nécessité et intégreront ces enjeux dans leurs programmes. Cette approche permettrait non seulement de répondre aux besoins des Autochtones, mais aussi de renforcer la prospérité économique globale de la province.

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