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Culture

Les chasses présidentielles sous Mitterrand, dans le domaine de Chambord 2/2 : Mutations mitterrandiennes

France Culture - Savoirs · mis à jour 25 sept.

Pour maintenir les chasses sans être éclaboussé par l’héritage royal, François Mitterrand confie leur organisation à un autre François : François de Grossouvre. Mais le comité des chasses révèle bientôt les accents monarchiques de cette présidence mitterrandienne..

François de Grossouvre

François de Grossouvre, un proche de François Mitterrand, a été chargé d’organiser les chasses présidentielles dans le domaine de Chambord pendant la présidence de ce dernier. Son rôle au sein du comité des chasses a pris une importance croissante, reflétant une forme de continuité monarchique dans la gestion de ces activités. Cependant, ses relations avec Mitterrand se sont progressivement dégradées, aboutissant à son suicide en 1994. Cette figure centrale illustre les tensions entre tradition et modernité sous la présidence mitterrandienne, ainsi que les ambiguïtés d’un pouvoir qui s’inspire parfois des symboles de l’Ancien Régime tout en se revendiquant républicain.

Disparition progressive

Sous les présidences suivantes, celles de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy, les chasses présidentielles ont progressivement disparu, notamment pour éviter les critiques de l’opinion publique. Cette disparition marque la fin d’une tradition remontant à plusieurs siècles, où les présidents de la République organisaient des parties de chasse dans des domaines comme Chambord. Mitterrand, en maintenant ces pratiques de manière discrète, a laissé une empreinte durable, mais son héritage a finalement été effacé par ses successeurs, reflétant un changement des mentalités et des priorités politiques.

Héritage environnemental

L’héritage des chasses présidentielles sous Mitterrand soulève des questions sur leur impact environnemental à Chambord. Ces activités, qui ont duré des décennies, ont pu influencer la biodiversité locale, bien que les effets précis restent difficiles à quantifier. Les débats sur la préservation de la nature et la légitimité de ces pratiques ont pris de l’ampleur, notamment avec l’évolution des normes écologiques et des attentes sociétales. Aujourd’hui, la question de leur rétablissement officiel reste ouverte, mais elle se heurte à des résistances croissantes.

Contexte politique

Les chasses présidentielles sous Mitterrand s’inscrivent dans un contexte politique marqué par une volonté de restaurer certains symboles de pouvoir, tout en les adaptant aux valeurs républicaines. Le domaine de Chambord, symbole de la monarchie française, a servi de cadre à ces pratiques, révélant une forme de continuité historique malgré les ruptures institutionnelles. Cependant, cette tradition a fini par devenir politiquement incorrecte, notamment en raison de son association avec un héritage royal controversé et de l’évolution des sensibilités écologiques.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs experts et historiens ont analysé cette période, parmi lesquels Raphaëlle Bacqué, journaliste au *Monde* et autrice d’un ouvrage sur Mitterrand, Virginie Berdal, historienne spécialiste de Chambord, ou encore Valérie Chansigaud, historienne de l’environnement. Leurs travaux éclairent les enjeux politiques, sociaux et écologiques liés à ces chasses. Des sociologues comme Jean-Louis Fabiani ont également étudié les représentations de la nature et les oppositions à la chasse, tandis que des guides comme Guillaume, sur place à Chambord, apportent un éclairage concret sur les réalités du terrain.

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