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Colombie : trois jours après le séisme, le sentiment d’« impuissance » grandit

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 19 j

Le bilan s'est encore alourdi jeudi matin, passant à 273 morts, plus de 3800 blessés et 377 disparus..

Séisme dévastateur

Un tremblement de terre de magnitude 7,4 a frappé la Colombie lundi 10 août 2026, ce qui en fait le séisme le plus meurtrier du XXIe siècle dans ce pays. L'épicentre se situait près de San José del Palmar, dans la région du Choco, une zone pauvre bordant l'océan Pacifique. Les villes les plus touchées incluent Cali, troisième ville du pays avec 2,2 millions d'habitants, et Pereira, dans la région caféière. Le séisme a détruit des immeubles, des hôpitaux et des écoles, causant des dégâts matériels et humains considérables. Le bilan provisoire s'élève à 273 morts, plus de 3 800 blessés et 377 disparus, selon l'organisme de gestion des catastrophes. Les régions de l'ouest du pays, où se trouvent Cali et Pereira, ont été particulièrement affectées.

Recherche désespérée

Trois jours après le séisme, les secours poursuivent les recherches de survivants sous les décombres, bien que les chances de trouver des rescapés s'amenuisent. Les équipes utilisent des chiens renifleurs, du matériel spécialisé et fouillent à mains nues. Le délai des 72 heures, considéré comme critique pour les sauvetages, est désormais dépassé. Malgré cela, des bénévoles comme Diego Sandoval, 22 ans, gardent espoir après avoir entendu des bruits suspects dans un ascenseur effondré. Cependant, l'odeur des corps en décomposition dans les zones dévastées rappelle la gravité de la situation. Les secouristes doivent aussi gérer l'évacuation des décombres, une fois les recherches achevées.

Témoignages d'angoisse

Les familles des disparus vivent dans l'incertitude et l'angoisse. Valeria Cardona, une étudiante de 26 ans, cherche désespérément deux de ses cousins à Cali, sans aucune preuve de leur survie. Martha Pérez, 60 ans, attend des nouvelles de sa tante et de sa cousine, bloquées dans un immeuble effondré. Les habitants expriment un sentiment d'impuissance face à l'absence d'informations et à l'impossibilité d'agir. Les témoignages soulignent la difficulté de gérer l'attente et la peur de recevoir une mauvaise nouvelle. Cette situation met en lumière la détresse psychologique des proches des victimes.

Solidarité et besoins

Malgré l'ampleur de la catastrophe, la solidarité locale reste forte. Des milliers de personnes apportent eau, nourriture et médicaments aux zones touchées. Cependant, les besoins sont immenses : près de 13 000 logements ont été détruits, laissant des milliers de familles sans abri. Beaucoup ont passé trois nuits dehors, dormant sur des trottoirs ou dans des parcs. Les autorités locales, comme Dilian Francisca Toro, gouverneure du département Valle del Cauca, insistent sur la nécessité de trouver rapidement des solutions de logement. La priorité est désormais de passer de la phase de sauvetage à celle de l'aide humanitaire.

Gestion politique critiquée

Le président colombien Abelardo de la Espriella, en fonction depuis seulement trois jours avant le séisme, a déclaré l'état d'urgence économique pour faciliter l'aide aux victimes. Il a annoncé la création d'un fonds alimenté par des aides internationales. Cependant, sa gestion de la crise est critiquée, notamment pour avoir refusé certaines offres d'aide étrangère au motif de leur certification. Par exemple, le Mexique n'a pu envoyer ses brigades de secouristes militaires, pourtant expérimentées, car elles ne disposaient pas de la bonne certification. Le gouvernement colombien affirme pourtant gérer les offres sans considération idéologique. Ces tensions révèlent les défis politiques liés à la coordination internationale en cas de catastrophe.

Ce que ça pourrait changer

Dans la région du Choco, où l'épicentre du séisme s'est produit, la phase de recherche est terminée, mais l'aide humanitaire est urgente. Les autorités ont demandé aux groupes armés, comme les guérillas qui opèrent dans cette zone, de permettre l'accès aux vivres, aux médicaments et aux équipes gouvernementales. Le Choco est l'un des départements les plus pauvres de Colombie, ce qui aggrave les difficultés d'intervention. La situation met en lumière les défis supplémentaires posés par l'insécurité et l'isolement géographique dans certaines régions touchées par le séisme.

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