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Les États-Unis préparent la guerre contre la Chine, au cas où

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 3 h

L’armée américaine investit des sommes records pour renforcer sa présence dans le Pacifique..

Modernisation militaire à Hawaï

Les États-Unis investissent massivement dans la modernisation de la base navale de Pearl Harbor-Hickam, située à Hawaï, dans le Pacifique. Entre 16 et 21 milliards de dollars américains pourraient y être consacrés sur les 50 prochaines années dans le cadre du Programme d'optimisation des infrastructures de chantier naval (SIOP). L'objectif est de moderniser les infrastructures existantes et d'en construire de nouvelles pour accueillir des sous-marins de classe Virginia et des destroyers de classe Zumwalt. Ces navires, parmi les plus avancés de la Marine américaine, mesurent jusqu'à 140 mètres de long et déplacent plus de 10 000 tonnes. Les travaux incluent la construction d'une nouvelle cale sèche et la rénovation des quais, initialement conçus pendant la Seconde Guerre mondiale, afin de les adapter aux dimensions des nouveaux bâtiments.

Armes hypersoniques : course technologique

Les États-Unis accélèrent le développement et le déploiement d'armes hypersoniques, capables de voler à plus de 6 000 kilomètres par heure, soit cinq fois la vitesse du son. Ces missiles, comme ceux intégrés aux sous-marins de classe Virginia ou aux destroyers de classe Zumwalt, sont conçus pour contourner les défenses antiaériennes grâce à leur vitesse et leur maniabilité. La Chine possède actuellement l'arsenal hypersonique le plus important au monde, tandis que la Russie a déjà utilisé ce type d'armes en Ukraine depuis 2022. Les États-Unis reconnaissent être en retard dans ce domaine et cherchent à combler cet écart via des programmes comme la Frappe conventionnelle rapide (CPS), visant à atteindre n'importe quelle cible sur la planète en moins d'une heure.

Manque de navires : défi stratégique

Malgré leurs investissements, les États-Unis font face à une pénurie de navires militaires. L'amiral Samuel Paparo, chef du Commandement des forces du Pacifique (PACOM), a admis devant le Sénat américain que la flotte manquait de bâtiments amphibies, de destroyers de surface et de sous-marins d'attaque. Cette insuffisance est aggravée par des délais d'entretien prolongés. Les rénovations prévues à Pearl Harbor-Hickam visent à accélérer la maintenance et à rendre la flotte plus opérationnelle. Ces travaux s'inscrivent dans une stratégie plus large pour renforcer la présence militaire américaine dans le Pacifique, face à la montée en puissance de la Chine.

Dissuasion : logique de la force

Les investissements militaires américains, y compris ceux à Pearl Harbor, s'appuient sur la logique de la dissuasion. Comme pour les armes nucléaires, ces équipements ne sont pas destinés à être utilisés, mais leur existence même vise à empêcher un conflit en rendant toute attaque trop risquée. Alexander Vuving, professeur au Daniel K. Inouye Asia-Pacific Center for Security Studies, compare cette stratégie à celle d'un pays qui possède des armes nucléaires sans souhaiter les utiliser. Les États-Unis cherchent ainsi à montrer leur capacité à riposter, notamment en cas d'agression contre Taïwan, tout en espérant éviter une confrontation directe avec la Chine.

Alliances : pilier de la stratégie

Pour Alexander Vuving, une stratégie de dissuasion efficace repose aussi sur des alliances solides. Les États-Unis s'appuient sur des partenaires comme le Japon, la Corée du Sud ou les Philippines pour renforcer leur position en Asie-Pacifique. La présence de ces alliés crée une pression collective qui peut décourager une puissance rivale, comme la Chine, de s'attaquer aux intérêts américains. Cette approche vise à montrer que toute action hostile entraînerait une réponse coordonnée, rendant le conflit moins probable. Les investissements militaires s'accompagnent donc d'une diplomatie active pour consolider ces partenariats.

Tensions Chine-États-Unis : équilibre fragile

Denny Roy, chercheur senior au East-West Center, souligne que les tensions entre les États-Unis et la Chine s'intensifient en raison de l'aspiration croissante de Pékin à jouer un rôle dominant en Asie-Pacifique. Selon lui, ces deux puissances sont comme des plaques tectoniques qui se rapprochent, augmentant la pression jusqu'à ce qu'une des deux cède. Bien que les États-Unis restent la première puissance stratégique de la région, cette position est de plus en plus contestée. Roy estime que si aucun compromis n'est trouvé, un conflit pourrait devenir inévitable. Les investissements militaires actuels visent à maintenir l'équilibre, mais le risque de confrontation persiste.

Budget record : priorité militaire

L'administration américaine, dirigée par Donald Trump, a demandé au Congrès un budget record de 1 500 milliards de dollars américains pour financer l'armée en 2024. Cette somme reflète la volonté de maintenir la supériorité militaire des États-Unis, notamment face à la Chine. Trump a également refusé de réglementer l'intelligence artificielle (IA), craignant que cela ne réduise l'avance technologique américaine. Ces décisions s'inscrivent dans une logique de dissuasion et de préparation à un éventuel conflit. Cependant, Denny Roy met en garde : cette course aux armements pourrait, à terme, rendre la guerre plus probable si aucun accord n'est trouvé entre les deux puissances.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les investissements massifs et les tensions géopolitiques, l'armée américaine insiste sur le fait que sa première mission reste la *dissuasion*. Les officiers de la Marine soulignent que l'objectif n'est pas d'engager un conflit, mais de le rendre si risqué que les adversaires potentiels, comme la Chine, renoncent à toute action hostile. Pour y parvenir, les États-Unis misent sur la démonstration de leur force, de leur détermination et de leur capacité à réagir rapidement. Cette stratégie vise à montrer que toute tentative d'agression serait trop coûteuse, tant militairement qu'économiquement, pour être envisagée.

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