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Controverse autour de la solution Navier-Stokes par OpenAI : le chercheur d’Anthropic sort du silence

Numerama · mis à jour il y a 11 j

Resté en retrait pendant que son collègue portait seul les accusations, Levent Alpöge, le mathématicien d'Anthropic, a fini par prendre la parole. Sa version relance la bataille de crédit autour d'un problème à un million de dollars qu'OpenAI dit avoir résolu..

Contexte des équations

Les équations de Navier-Stokes décrivent le mouvement des fluides, comme l’eau dans une rivière ou l’air autour d’un avion. Elles sont l’un des sept problèmes du prix du millénaire, proposés par l’institut Clay en 2000, chacun doté d’un million de dollars (environ 860 000 €) pour leur résolution. À ce jour, seul un problème a été résolu (la conjecture de Poincaré). Ces équations soulèvent une question majeure : un fluide peut-il atteindre des vitesses infinies, créant une singularité ? Si oui, cela remettrait en cause leur validité universelle. Les travaux récents d’OpenAI et du duo Buckmaster-Alpöge portent sur des versions simplifiées de ces équations, dites forcées, où un terme extérieur est ajouté pour faciliter l’étude.

Les acteurs clés

Deux équipes s’affrontent dans cette controverse. D’un côté, Tristan Buckmaster (mathématicien à l’université de New York) et Levent Alpöge (chercheur chez Anthropic), qui collaborent depuis un an sur des équations proches des équations de Navier-Stokes. Leur travail a été salué par des experts comme Terence Tao, médaille Fields 2006. De l’autre, OpenAI, entreprise dirigée par Sam Altman, qui affirme avoir résolu une partie de ces équations en mobilisant 10 000 agents IA. Les deux entreprises sont rivales dans le domaine de l’intelligence artificielle, et les mathématiques sont un champ de bataille stratégique pour elles.

Les accusations de Buckmaster

Le 8 septembre 2026, Tristan Buckmaster accuse OpenAI d’avoir tenté de s’approprier leur piste de recherche. Selon lui, la firme aurait fait pression pour retirer Levent Alpöge des publications communes, au motif qu’il travaille pour Anthropic, le rival d’OpenAI. Buckmaster dénonce aussi une manœuvre visant à discréditer leur collaboration, alors qu’il s’agissait d’un travail mathématique personnel. OpenAI a réagi en publiant ses propres avancées sur les équations, tout en contestant ces accusations. Plusieurs responsables de l’entreprise, dont Sam Altman et Sébastien Bubeck, ont publié des démentis pour affirmer leur ouverture à la coopération.

Réponse d’Alpöge

Le 8 septembre 2026, Levent Alpöge sort du silence pour donner sa version des faits. Il explique avoir contacté OpenAI dès le 2 septembre pour clarifier que leur collaboration était strictement personnelle et non institutionnelle. Il précise qu’ils utilisaient des outils d’OpenAI (comme Codex et Astra) sans intention de nuire. Selon lui, la réaction d’OpenAI a été disproportionnée : l’entreprise aurait tenté d’évincer Alpöge des publications en échange d’un million de dollars, une manœuvre qualifiée d’assez dingue, peu stratégique et inutile. Alpöge souligne aussi l’intégrité de Buckmaster, qui a refusé toute négociation financière ou académique, malgré les pressions.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire illustre les tensions entre Anthropic et OpenAI, deux géants de l’IA en concurrence directe. Les deux équipes ont utilisé des outils d’OpenAI (comme Codex), ce qui soulève des questions sur un éventuel accès frauduleux à leurs travaux. Malgré les démentis, des interrogations persistent. Par ailleurs, ni OpenAI ni Buckmaster-Alpöge n’ont résolu le problème original des équations de Navier-Stokes : leurs travaux portent sur des versions simplifiées. L’*institut Clay* n’a donc attribué aucun prix. Alpöge regrette que cette controverse ait détourné l’attention d’une collaboration scientifique, alors que les deux laboratoires auraient pu unir leurs efforts pour faire avancer les mathématiques.

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