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Giardia duodenalis : ce parasite discret toucherait près d’un chat sur quinze et provoque chez l'humain des troubles digestifs de plusieurs semaines

Science & Vie · mis à jour il y a 1 j

Même bien soigné, un animal de compagnie peut héberger des parasites sans le moindre symptôme. Certains, en prime, passent de la bête à son maître.

Un parasite méconnu

Giardia duodenalis est un parasite microscopique qui infecte principalement les intestins des mammifères, y compris les humains et les chats. Ce micro-organisme, invisible à l'œil nu, appartient à la famille des protozoaires, des organismes unicellulaires plus complexes que les bactéries. Il se transmet principalement par l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par des kystes, des formes résistantes du parasite qui survivent dans l'environnement pendant plusieurs semaines. Bien que souvent asymptomatique chez les animaux, il peut provoquer chez l'humain des troubles digestifs persistants, comme des diarrhées, des crampes abdominales ou une perte d'appétit, durant plusieurs semaines voire des mois. Ce parasite est particulièrement préoccupant car il est zoonotique, c'est-à-dire qu'il peut se transmettre de l'animal à l'homme, notamment via les excréments ou l'eau souillée.

Prévalence chez les chats

Selon une étude récente, près d'un chat sur quinze serait porteur de Giardia duodenalis en France. Cette proportion, bien que variable selon les régions et les conditions de vie des animaux, souligne la fréquence de ce parasite dans la population féline. Les chats domestiques, surtout ceux vivant en collectivité (refuges, élevages) ou ayant accès à des espaces extérieurs, sont plus exposés en raison de leur contact potentiel avec des environnements contaminés. Le parasite se propage facilement dans les lieux où plusieurs animaux cohabitent, car les kystes peuvent survivre plusieurs semaines dans les excréments ou sur des surfaces souillées. Les chats infectés ne présentent pas toujours de symptômes visibles, ce qui rend la détection difficile sans un examen vétérinaire spécifique.

Transmission à l'humain

La transmission de Giardia duodenalis à l'humain se fait principalement par voie fécale-orale, c'est-à-dire en ingérant accidentellement des kystes présents dans des aliments, de l'eau ou des objets contaminés. Les risques sont accrus dans les situations où l'hygiène est précaire, comme lors de voyages dans des pays où l'eau du robinet n'est pas potable, ou lors de contacts avec des animaux infectés. Les enfants, les personnes immunodéprimées et les voyageurs sont particulièrement vulnérables. Une fois ingérés, les kystes libèrent dans l'intestin des formes actives du parasite, qui se multiplient et provoquent une infection appelée giardiase. Cette maladie, bien que rarement grave, peut entraîner des symptômes invalidants pendant plusieurs semaines, avec un impact significatif sur la qualité de vie.

Symptômes et diagnostic

Chez l'humain, la giardiase se manifeste par des troubles digestifs variés, incluant des diarrhées chroniques, des ballonnements, des nausées, des douleurs abdominales et une fatigue persistante. Ces symptômes, souvent confondus avec ceux d'autres infections intestinales, peuvent durer de deux à six semaines, voire plus en l'absence de traitement. Le diagnostic repose sur l'analyse d'un échantillon de selles, qui permet d'identifier la présence des kystes ou des formes actives du parasite. Dans certains cas, une analyse sanguine ou une endoscopie peut être nécessaire pour confirmer l'infection. Un traitement antiparasitaire, généralement à base de métronidazole ou de tinidazole, permet d'éliminer le parasite en quelques jours, mais une réinfection est possible si les mesures d'hygiène ne sont pas respectées.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter la propagation de Giardia duodenalis, plusieurs mesures d'hygiène sont recommandées. Il est essentiel de se laver soigneusement les mains après avoir été en contact avec des animaux, avant de manger ou après être allé aux toilettes. Les propriétaires de chats doivent nettoyer régulièrement leur litière avec des gants et désinfecter les surfaces souillées à l'eau chaude. Il est également conseillé d'éviter de boire de l'eau non traitée, surtout lors de voyages dans des pays où les infrastructures sanitaires sont limitées. Pour les animaux, une vermifugation régulière et des contrôles vétérinaires peuvent réduire le risque d'infection. Enfin, il est important de sensibiliser les enfants et les personnes fragiles aux bonnes pratiques d'hygiène pour prévenir la transmission du parasite.

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