Une nouvelle étude montrerait un lien entre les aliments d'origine végétale et la baisse de la tension artérielle
Une alimentation végétale distribuée chaque semaine pendant près de trois ans serait associée à une baisse de la pression artérielle et du poids chez des adultes précaires. The post Une nouvelle étude montrerait un lien entre les aliments d’origine végétale et la baisse de la tension artérielle appeared first on Science et vie..
Le 1er octobre 2026, le Massachusetts General Hospital a publié une étude menée à Revere, dans la banlieue de Boston, aux États-Unis. Cette recherche a duré près de trois ans, de décembre 2019 à avril 2025, et a suivi 68 adultes en situation de précarité alimentaire. Le programme consistait à leur distribuer chaque semaine des lots d’aliments d’origine végétale, conçus par une diététicienne. Ces lots comprenaient des fruits et légumes frais, des légumineuses, du beurre de cacahuètes et des céréales complètes, sans aucun produit transformé ni supplément. L’objectif était d’évaluer l’impact d’une alimentation végétale sur la tension artérielle et le poids des participants. Cette étude se distingue par sa durée et son public cible, souvent négligé dans les recherches nutritionnelles.
Les résultats de l’étude montrent une corrélation entre la quantité de lots végétaux reçus et l’amélioration de la santé des participants. Pour chaque tranche de 100 distributions, la tension artérielle diastolique (la pression dans les artères entre deux battements de cœur) a baissé de 3,21 mmHg, le poids a diminué de 2,63 kg et l’indice de masse corporelle (IMC, un indicateur de poids par rapport à la taille) a reculé de 1,04 point. Chez les participants dont la tension diastolique dépassait 80 mmHg au départ, la baisse atteignait 6,23 mmHg pour 100 distributions. Pour ceux dont la tension systolique (pression maximale lors d’un battement de cœur) dépassait 130 mmHg, elle a reculé de 5,83 mmHg. Ces chiffres soulignent une amélioration notable, bien que ces résultats restent des associations statistiques et non des preuves de causalité directe.
Les participants à l’étude étaient majoritairement des femmes (deux tiers) avec un âge moyen de 57 ans. Plus de 80 % d’entre eux présentaient un surpoids ou une obésité au début du programme, et plus de 72 % bénéficiaient d’une couverture médicale publique, ce qui indique un public éloigné du système de soins classique. Le centre de santé communautaire de Revere, où l’étude a été menée, abrite une banque alimentaire et a mis en place ce programme pour répondre aux besoins nutritionnels de cette population. Le suivi a été perturbé par la pandémie de Covid-19, qui a modifié les habitudes alimentaires et l’accès aux soins de nombreux participants.
L’étude présente des limites importantes, notamment l’absence de groupe témoin, ce qui rend difficile la comparaison avec un groupe ne recevant pas d’alimentation végétale. Les mesures physiologiques ont été réalisées lors de consultations classiques, sans protocole standardisé, ce qui peut affecter la précision des résultats. De plus, le contexte de la pandémie de Covid-19 a pu influencer les habitudes alimentaires et la santé des participants, rendant les données moins généralisables. Jacob Mirsky, médecin au centre de Revere, reconnaît ces limites et souligne la nécessité de reproduire ces résultats avec un groupe contrôle et un suivi plus long pour confirmer l’efficacité de l’alimentation végétale.
Aux États-Unis, l’intégration de l’alimentation dans le parcours de soins, sous le nom de *Food Is Medicine* (« La nourriture est un médicament »), gagne en popularité. Les systèmes de santé et les assureurs publics s’y intéressent de plus en plus, car cette approche pourrait compléter ou réduire le recours aux traitements médicamenteux. Cependant, cette étude, bien que prometteuse, ne suffit pas à elle seule pour valider cette méthode. D’autres recherches, avec des groupes témoins et des suivis prolongés, sont nécessaires pour confirmer ces résultats et évaluer leur applicabilité à d’autres contextes ou populations.

