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2000 nouveaux cas par an : le nombre de cancer de l'anus augmente en France, notamment à cause des hémorroïdes mal soignées

Science & Vie · mis à jour il y a 7 j

Longtemps confondu avec de simples hémorroïdes, un cancer discret gagne du terrain en France. Il naît presque toujours d’un virus sexuellement transmissible que la plupart d’entre nous croiseront un jour.

Hausse des cancers anaux

En France, le nombre de cas de cancer de l'anus augmente régulièrement, avec environ 2000 nouveaux diagnostics chaque année. Cette pathologie, autrefois rare, touche désormais davantage de personnes, ce qui alerte les spécialistes. Le cancer de l'anus se développe dans la partie terminale du tube digestif, appelée canal anal, et peut être causé par divers facteurs, dont certains sont encore mal connus. Les chercheurs soulignent que cette hausse est particulièrement marquée chez les hommes et les femmes de plus de 50 ans, mais aussi chez les jeunes adultes. Les causes exactes de cette augmentation restent à préciser, bien que des pistes comme les infections sexuellement transmissibles (IST) ou des comportements à risque soient évoquées.

Rôle des hémorroïdes

Une des principales raisons avancées pour expliquer cette augmentation est la mauvaise prise en charge des hémorroïdes. Ces veines gonflées et douloureuses autour de l'anus sont très fréquentes, mais souvent négligées par les patients. Lorsqu'elles ne sont pas traitées correctement, elles peuvent évoluer vers des lésions chroniques de la muqueuse anale. Ces lésions, si elles persistent, augmentent le risque de développer un cancer de l'anus à long terme. Les médecins rappellent que les hémorroïdes ne sont pas une fatalité et qu'un suivi médical adapté permet d'éviter des complications graves. Pourtant, la honte ou la minimisation des symptômes retardent souvent la consultation.

Facteurs de risque identifiés

Plusieurs facteurs de risque sont associés à cette hausse des cancers anaux. Parmi eux, les infections à papillomavirus humain (VPH ou HPV en anglais) jouent un rôle majeur. Ce virus, très répandu et souvent asymptomatique, peut provoquer des lésions précancéreuses dans la région anale. D'autres éléments comme le tabagisme, une immunodépression (par exemple due au VIH) ou des antécédents de rapports anaux non protégés augmentent également le risque. Les experts insistent sur l'importance de la prévention, notamment via la vaccination contre le VPH, recommandée pour les jeunes filles et garçons depuis 2023 en France.

Symptômes et diagnostic

Les symptômes du cancer de l'anus incluent des saignements anaux, des douleurs ou des démangeaisons persistantes, ainsi qu'une sensation de boule dans la région anale. Ces signes, souvent confondus avec ceux des hémorroïdes, doivent alerter et conduire à une consultation médicale. Le diagnostic repose sur un examen clinique, parfois complété par une anuscopie (examen visuel de l'anus) ou une biopsie (prélèvement d'un échantillon de tissu pour analyse). Une prise en charge précoce améliore significativement les chances de guérison, avec des traitements comme la radiothérapie ou la chirurgie.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire les risques, les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures. La vaccination contre le VPH est la première ligne de défense, surtout pour les populations à risque. Une bonne hygiène de vie, incluant l'arrêt du tabac et une alimentation riche en fibres pour éviter la constipation, est également conseillée. Les médecins invitent surtout à consulter sans tarder en cas de symptômes persistants, afin d'écarter tout diagnostic de cancer ou de lésion précancéreuse. En France, des campagnes de sensibilisation sont en cours pour informer le public sur ces enjeux, notamment auprès des populations les plus exposées.

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