Pourquoi les Américains pratiquent de plus en plus le “tourisme de la fertilité”
Fuyant les prix particulièrement élevés de la procréation médicalement assistée (PMA) aux États-Unis, beaucoup d’Américains se tournent vers les cliniques européennes. Leur nombre a augmenté de plus de 37 % en 2025.
Un nombre croissant d’Américains se rendent à l’étranger pour des traitements de procréation médicalement assistée (PMA), une tendance appelée tourisme de la fertilité. En 2025, le nombre d’Américains ayant recours à des cliniques européennes pour une fécondation in vitro (FIV) a augmenté de plus de 37 %. Cette pratique s’explique par des coûts bien moins élevés à l’étranger comparés à ceux des États-Unis, où les mutuelles couvrent rarement ces traitements. Par exemple, un cycle de FIV coûte en moyenne 29 000 dollars (25 000 euros) aux États-Unis, soit 35 % du revenu annuel médian d’un ménage américain. En Europe, le même traitement peut coûter jusqu’à trois fois moins cher, attirant ainsi de plus en plus de patients.
Les Américains se tournent principalement vers l’Europe pour leur PMA, avec une préférence marquée pour l’Espagne et la Grèce. Ces pays offrent des tarifs attractifs, souvent associés à un bon suivi médical et à des paysages agréables. Par exemple, un couple américain a dépensé 12 000 dollars (10 000 euros) pour une FIV en Grèce, soit bien moins qu’aux États-Unis, même en incluant le coût du voyage. Certaines cliniques grecques proposent même des séjours PMA, combinant traitement médical et découverte touristique. D’autres destinations comme la Barbade ou la Colombie attirent également des Américains, où un forfait de quatre cycles de FIV coûte en moyenne 11 000 dollars (9 500 euros), contre 60 000 dollars (51 000 euros) aux États-Unis.
Aux États-Unis, le coût élevé de la FIV est un frein majeur pour les couples confrontés à l’infertilité. En douze ans, le prix d’un cycle de FIV a augmenté de 90 %, atteignant 29 000 dollars (25 000 euros) en moyenne. Les mutuelles américaines couvrent rarement ces traitements, laissant les patients assumer des dépenses souvent bien supérieures à leur budget. Par exemple, une patiente a généralement besoin de deux à trois cycles pour concevoir un enfant, ce qui porte le coût total à près de 90 000 dollars (75 000 euros). Face à cette situation, le président américain Donald Trump a promis de rendre la FIV plus accessible, notamment en lançant une plateforme de médicaments à tarifs réduits, TrumpRx, en février 2026. Cependant, cette mesure reste insuffisante pour répondre aux besoins des 7 millions d’Américains souffrant d’infertilité.
Le tourisme de la fertilité présente plusieurs avantages pour les patients américains. D’abord, les coûts sont bien moins élevés à l’étranger, même en incluant les frais de voyage. Ensuite, les cliniques européennes et d’autres destinations offrent un suivi médical de qualité et des délais de prise en charge plus courts. Enfin, certains pays proposent un cadre agréable, permettant aux patients de combiner traitement et vacances. Par exemple, un couple américain a décrit son séjour en Grèce comme l’un des meilleurs étés de sa vie, entre deux rendez-vous médicaux. Cette approche permet de réduire le stress lié à l’infertilité tout en économisant de l’argent.
L’engouement pour le *tourisme de la fertilité* a conduit à une hausse de 37 % des patients américains en Europe en 2025, selon Jakub Dejewski, président de la Société européenne de fertilité. Cette tendance pousse les cliniques étrangères à adapter leurs services, comme proposer des *séjours PMA* clés en main. Aux États-Unis, la situation reste tendue, avec des coûts prohibitifs et une couverture insuffisante par les mutuelles. Bien que des initiatives comme TrumpRx tentent d’améliorer l’accès à la FIV, elles ne suffisent pas à résoudre le problème pour les millions d’Américains concernés. La question de l’infertilité et de son traitement reste donc un enjeu majeur de santé publique dans le pays.

