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Gadi Eisenkot, le général qui défie Netanyahou 4/4 : Épisode 4/4 : La bataille des législatives : tout sauf Bibi

France Culture - Savoirs · mis à jour 28 sept.

Avec son parti Yashar, Gadi Eisenkot veut incarner une alternative à Benjamin Netanyahou. Il mise sur une image de rassembleur et sur une liste qui se veut représentative de la diversité de la société israélienne.

Gadi Eisenkot défie Netanyahou

Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, se présente comme une alternative à Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien en fonction depuis plusieurs années. En 2025, il fonde le parti Yashar (qui signifie Droit ou Juste en hébreu), avec pour objectif principal de battre Netanyahou et de le faire quitter la scène politique. Eisenkot mise sur une image d’homme intègre et rassembleur, en opposition à un pouvoir perçu comme diviseur et corrompu. Son parti se veut représentatif de la diversité israélienne, incluant des laïcs, des religieux, des ashkénazes (juifs originaires d’Europe), des orientaux (juifs originaires du monde arabe ou musulman), ainsi que des électeurs de centre-gauche et de droite. Le parti Yashar est décrit comme un parti attrape-tout, c’est-à-dire un parti dont le programme vague et général permet de séduire un large éventail d’électeurs, y compris ceux traditionnellement fidèles au Likoud, le parti de Netanyahou.

Un programme axé sur l'unité

Le programme de Gadi Eisenkot s’articule autour de plusieurs axes principaux, dont le premier est la volonté de tourner la page après des années de gouvernement Netanyahou et le traumatisme des attaques du 7 octobre 2023. Eisenkot propose un nouveau chapitre pour Israël, en insistant sur la nécessité de rassembler une société profondément divisée par la guerre et les tensions internes. Parmi ses propositions phares figure la conscription universelle, c’est-à-dire l’obligation pour tous les citoyens israéliens, y compris les ultra-orthodoxes (une communauté religieuse juive exemptée jusqu’ici du service militaire), de servir dans l’armée. Cette mesure répond à un ressentiment croissant dans la population, où la majorité des familles israéliennes, mobilisées par la guerre, considèrent que le partage du fardeau (la répartition équitable des obligations militaires) n’est pas respecté. Eisenkot a fait de cette question un pilier de sa campagne, cherchant à séduire les électeurs mécontents de cette inégalité.

Position prudente sur la Palestine

Sur la question palestinienne, Gadi Eisenkot adopte une position prudente et ambiguë. Bien qu’il évoque la possibilité de geler certains projets de colonisation en Cisjordanie et de lutter contre les violences des colons radicaux, il évite soigneusement de proposer la création d’un État palestinien, une idée qu’il juge prématurée pour le mandat actuel. Eisenkot et ses candidats répètent régulièrement qu’un État palestinien n’est pas d’actualité, tout en restant vagues sur les solutions à long terme. Cette approche reflète une stratégie visant à ne pas aliéner une partie de l’électorat israélien, tout en cherchant à réduire les tensions en Cisjordanie. Myriam Shermer, journaliste spécialiste de la politique israélienne, souligne que cette prudence s’inscrit dans une volonté de ne pas prendre de position trop tranchée, afin de ne pas perdre de voix dans un contexte où la question palestinienne reste hautement sensible.

Stratégie électorale et défis

La stratégie électorale de Gadi Eisenkot repose sur la création d’une liste électorale reflétant la mosaïque sociale israélienne, c’est-à-dire la diversité ethnique, religieuse et politique du pays. Selon David Khalfa, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Eisenkot cherche à reconquérir un électorat traditionnel du Likoud, notamment les orientaux, qui représentent une partie importante de la population israélienne. Cependant, cette stratégie comporte des défis majeurs. Le parti Yashar doit convaincre les électeurs que son programme, volontairement général, est crédible et réalisable. De plus, Eisenkot doit faire face à la concurrence d’autres partis d’opposition, ainsi qu’à la popularité persistante de Netanyahou malgré les scandales et les critiques. Enfin, sa position prudente sur la Palestine pourrait limiter son attractivité auprès des électeurs les plus progressistes, tandis que son discours sur la conscription universelle pourrait en aliéner certains religieux.

Ce que ça pourrait changer

L’article s’inscrit dans un contexte politique israélien marqué par des tensions internes et externes. Depuis les attaques du 7 octobre 2023, la société israélienne est profondément divisée, entre ceux qui soutiennent une ligne dure face aux Palestiniens et ceux qui prônent une approche plus modérée. Le gouvernement Netanyahou, critiqué pour sa gestion de la guerre et ses affaires judiciaires, voit sa popularité décliner, ouvrant la voie à des alternatives comme *Yashar*. Cependant, la création d’un nouvel État palestinien reste un sujet controversé, et les partis israéliens doivent naviguer avec prudence pour ne pas perdre de voix. Les élections législatives de 2026 s’annoncent comme un scrutin crucial, où l’enjeu est de savoir si les Israéliens sont prêts à tourner la page Netanyahou ou s’ils préfèrent conserver un leadership connu, malgré ses défauts.

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