Éric Duhaime promet d’aider financièrement les Québécois à faire des enfants
Le PCQ, dans sa plateforme électorale, fait l'éloge de l’Allocation à la naissance du gouvernement Bourassa..
Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, a présenté une plateforme électorale mettant l’accent sur une politique nataliste, c’est-à-dire visant à encourager les Québécois à avoir plus d’enfants. Le parti promet notamment une aide financière dès la naissance d’un premier enfant, sans préciser encore si cette aide prendra la forme d’un chèque ou d’un crédit d’impôt. Cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de soutenir financièrement les familles, notamment par une baisse historique des impôts pour les familles moyennes. Le PCQ s’inspire d’une mesure similaire mise en place dans les années 1980 par le gouvernement Bourassa, qui avait alors contribué à augmenter la natalité au Québec. Aujourd’hui, la natalité québécoise atteint un creux historique à 1,35 enfant par femme, alors que les sondages indiquent que les jeunes souhaitent en moyenne plus de deux enfants.
Pour financer ses promesses, dont l’aide aux familles, le PCQ propose une réduction massive des dépenses de l’État de 47 milliards de dollars sur cinq ans, soit environ 5 % du budget gouvernemental annuel. Cette mesure vise à dégager des marges de manœuvre budgétaires pour combler un déficit projeté de 5 milliards de dollars pour les années 2027-2028 et 2028-2029. Éric Duhaime affirme que ces économies permettront de couvrir ces besoins sans alourdir davantage la dette publique. Le parti justifie cette réduction par la suppression de 200 programmes provinciaux de financement des infrastructures municipales, jugés coûteux et bureaucratiques. Selon une étude citée par le PCQ, ces programmes génèrent des surcoûts administratifs de 328 millions de dollars et mobilisent 4 100 employés municipaux pour leur gestion.
Le PCQ défend une vision nationaliste et régionaliste pour le Québec, avec des mesures visant à renforcer son autonomie au sein du Canada. Le parti propose notamment de réaffirmer le refus du Québec au rapatriement constitutionnel de 1982, une décision historique qui avait soustrait la Constitution canadienne à l’approbation des provinces. Il souhaite aussi créer une citoyenneté québécoise distincte et adopter un hymne national. Pour décentraliser le pouvoir, le PCQ prévoit la création de 17 tables décisionnelles régionales, financées par la suppression de programmes provinciaux. Ces tables auraient pour mission de gérer des fonds régionaux, inspirés d’un transfert du point de TVQ (taxe de vente du Québec). Le parti propose également une loi permettant aux communautés de se défusionner si elles estiment que leur situation serait améliorée en quittant leur ville ou leur municipalité régionale de comté (MRC).
Parmi les priorités du PCQ figure la construction d’un troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis, un projet controversé dans le secteur du camionnage. Le parti défend ce projet depuis plusieurs années, malgré les réserves exprimées par certains acteurs du transport routier. Par ailleurs, le PCQ promet d’abolir Santé Québec, une entité créée pour gérer le système de santé québécois. Cette idée, déjà défendue par le Parti québécois (PQ), est jugée irréaliste par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, qui souligne que des transferts d’employés ont déjà eu lieu entre le ministère et Santé Québec, rendant cette mesure difficile à mettre en œuvre.
Le PCQ se présente aux élections de 2026 avec le slogan *« Oser pour vrai »*, marquant une volonté de se distinguer des autres partis. Aux élections générales de 2022, le parti avait obtenu 12,90 % des voix, mais n’avait remporté aucun siège à l’Assemblée nationale. Cette année, les projections du site Qc125 suggèrent que le PCQ pourrait faire son entrée au Parlement avec entre 7 et 15 députés. Actuellement, seule Maïté Blanchette Vézina, une ex-ministre de la Coalition avenir Québec (CAQ), représente le parti à l’Assemblée nationale. Elle sera candidate dans la circonscription de La Peltrie, en Capitale-Nationale. Le PCQ mise sur une meilleure organisation et un financement accru pour améliorer ses résultats électoraux.

