Suicides de médecins : pas d’enquête publique, le dossier confié à la coroner Kamel
Le mois dernier, 1500 médecins avaient demandé une enquête publique à ce sujet dans une lettre ouverte..
Le coroner en chef du Québec, Me Reno Bernier, a annoncé le 7 octobre 2026 qu’il ne lancerait pas pour l’instant d’enquête publique thématique sur les suicides de médecins au Québec. Cette décision fait suite à une demande signée par environ 1 500 médecins le 18 septembre 2026, qui réclamaient une telle enquête pour identifier d’éventuels facteurs professionnels, organisationnels ou systémiques ayant contribué à ces décès. Le coroner a choisi de regrouper plutôt les investigations en cours concernant cinq suicides de médecins survenus depuis le début de l’année 2026. Ces cinq cas seront confiés à la coroner Géhane Kamel, une experte déjà connue pour avoir mené des enquêtes publiques d’envergure, comme celle sur les décès dans les CHSLD lors de la première vague de COVID-19. Cette approche vise à identifier, si possible, des causes communes aux suicides des médecins.
La coroner Géhane Kamel, désignée pour mener les investigations sur les cinq suicides de médecins, est une figure expérimentée du Bureau du coroner du Québec. Elle a déjà présidé des enquêtes publiques majeures, ce qui lui confère une légitimité pour traiter ce dossier sensible. Son mandat consiste à analyser les circonstances de chaque décès afin de déterminer s’il existe des facteurs partagés, comme des conditions de travail difficiles, un épuisement professionnel ou des problèmes systémiques dans le réseau de la santé. Le Bureau du coroner souligne que sa démarche prendra en compte les préoccupations des proches des défunts ainsi que celles des parties prenantes du milieu médical. Ses conclusions seront rendues publiques une fois les rapports finalisés, mais aucune date n’a été précisée pour leur publication.
Bien que Me Reno Bernier ait choisi de ne pas lancer immédiatement une enquête publique thématique, il n’exclut pas cette possibilité à l’avenir. La décision pourrait être réévaluée si les investigations menées par Géhane Kamel ne permettent pas de faire toute la lumière sur les causes et les circonstances des cinq suicides, ou si ses recommandations ne suffisent pas à prévenir de nouveaux décès similaires. Une enquête publique thématique est une procédure plus large que les enquêtes individuelles : elle permet d’examiner des problèmes systémiques ou récurrents, comme les conditions de travail dans une profession, et de formuler des recommandations générales pour éviter que ces situations ne se reproduisent. Pour l’instant, le coroner en chef privilégie une approche progressive, en attendant les résultats de l’enquête actuelle.
La question des suicides chez les médecins est un sujet de préoccupation croissante au Québec. Plusieurs reportages et témoignages, comme celui d’un médecin de famille évoquant l’épuisement professionnel dans les hôpitaux, ont mis en lumière la détresse vécue par de nombreux professionnels de la santé. Ces suicides surviennent dans un contexte où le réseau de la santé québécois fait face à des défis majeurs, notamment une pénurie de personnel, des conditions de travail parfois difficiles et une charge mentale accrue. La lettre signée par 1 500 médecins en septembre 2026 reflète une volonté collective de comprendre et d’agir face à cette crise. Le Bureau du coroner insiste sur l’importance de cette démarche pour apporter des réponses concrètes et prévenir de nouvelles tragédies.
En cas de détresse ou de pensées suicidaires, des ressources d’aide sont disponibles 24 heures sur 24 au Québec. Le numéro 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) permet d’entrer en contact avec des intervenants formés pour écouter et orienter les personnes en difficulté. Il est également possible de communiquer par texto au 535353 ou de consulter le site suicide.ca pour obtenir du soutien en ligne. Ces services sont gratuits et confidentiels, et visent à offrir une aide immédiate aux personnes concernées ou à leurs proches. Leur mention dans l’article souligne l’urgence et la gravité du sujet traité.

