Suicides de médecins : pas d’enquête publique, le dossier confié à la coroner Kamel
Alors que la communauté médicale québécoise réclamait une enquête publique sur les suicides de médecins, le coroner en chef du Québec a privilégié une approche ciblée en confiant les investigations à la coroner Géhane Kamel. Cette décision, qui évite pour l'instant un examen systémique des causes professionnelles et organisationnelles, soulève des questions sur la transparence et l'efficacité des mécanismes actuels de prévention dans un milieu professionnel sous haute tension.
Pourquoi le coroner en chef Reno Bernier a-t-il refusé d'ouvrir une enquête publique thématique sur les suicides de médecins ?
Me Bernier a jugé préférable, dans un premier temps, de regrouper les cinq investigations en cours sous la responsabilité de la coroner Géhane Kamel plutôt que de lancer une enquête publique. Cette approche vise à identifier d'éventuels facteurs contributifs communs aux décès, tout en laissant la porte ouverte à une enquête plus large si les résultats s'avèrent insuffisants.
Quelle est l'ampleur de la mobilisation des médecins autour de cette demande d'enquête publique ?
Une lettre signée par environ 1 500 médecins a été adressée au coroner en chef le 18 septembre 2026 pour réclamer une enquête publique thématique sur les suicides de médecins au Québec. Ce mouvement reflète une préoccupation croissante au sein de la profession face à la détérioration des conditions de travail.
Quels sont les critères qui pourraient justifier une enquête publique malgré la décision initiale ?
Le coroner en chef n'exclut pas totalement l'hypothèse d'une enquête publique si les investigations confiées à Géhane Kamel ne permettent pas de faire toute la lumière sur les causes et circonstances des décès ou de formuler des recommandations concrètes pour prévenir de futurs suicides dans le milieu médical.
Ce que ça pourrait changer
Cette décision pourrait limiter la portée des conclusions en évitant un débat public sur les dysfonctionnements systémiques du système de santé. Elle interroge aussi la capacité des mécanismes actuels à répondre à une crise de santé mentale qui touche une profession déjà fragilisée par des conditions de travail exigeantes. À plus long terme, l'absence d'enquête publique pourrait affaiblir la crédibilité des mesures préventives mises en place par les autorités sanitaires.

