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Géopolitique

La guerre en Iran devrait faire baisser les émissions de CO₂ liées à l’énergie

Le Grand Continent · mis à jour il y a 3 j

ll s’agirait du premier recul depuis la pandémie de Covid-19 L’article La guerre en Iran devrait faire baisser les émissions de CO₂ liées à l’énergie est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Baisse historique des émissions

En 2026, les émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie devraient diminuer d’environ 0,5 % par rapport à 2025, selon une analyse de Carbon Brief basée sur les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette baisse marque un recul inédit depuis la pandémie de Covid-19 en 2020. La principale cause est la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite une grande partie du pétrole mondial. Cette situation a provoqué une flambée des prix du pétrole et du gaz, réduisant la demande mondiale. L’AIE et l’institution financière Morgan Stanley estiment que la demande de pétrole chutera de 2,4 à 2,5 millions de barils par jour en 2026, soit une baisse de 2,4 %. Cette diminution des émissions est principalement attribuable à la baisse de la consommation de pétrole et de gaz, dont les émissions devraient reculer respectivement de 270 millions de tonnes et 40 millions de tonnes de CO₂.

Hausse du charbon limitée

Contrairement au pétrole et au gaz, les émissions liées au charbon devraient augmenter de 190 millions de tonnes de CO₂ en 2026. Cependant, cette hausse n’est pas principalement due à la guerre en Iran ou au blocage du détroit d’Ormuz. Selon les experts, cette augmentation s’explique par d’autres facteurs économiques et énergétiques indépendants de la crise actuelle au Moyen-Orient. Le charbon reste une source d’énergie abondante et souvent moins chère que le pétrole ou le gaz, ce qui explique pourquoi certains pays pourraient compenser la hausse des prix des hydrocarbures par une relance de sa consommation. Malgré cette hausse, la baisse globale des émissions de CO₂ reste significative grâce à la réduction de la dépendance aux hydrocarbures.

Dépendance mondiale aux importations

En 2023, 75 % de la population mondiale vivait dans des pays dépendant des importations de combustibles fossiles, principalement du pétrole. Cette dépendance s’explique par la concentration de la production d’hydrocarbures dans un petit nombre de pays, comme les États-Unis, les pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, etc.) et la Russie. Par exemple, en 2023, 62 pays importaient la quasi-totalité de leur pétrole, tandis que 89 pays en importaient au moins 80 %. Certains pays comme l’Espagne, le Japon, l’Allemagne et l’Inde dépendaient à plus de 90 % des importations de pétrole. Cette situation rend les économies vulnérables aux crises géopolitiques, comme la guerre en Iran, qui perturbent les approvisionnements et font flamber les prix.

Ce que ça pourrait changer

La guerre en Iran et la hausse des prix de l’énergie ont poussé certains pays à accélérer leur transition vers des sources d’énergie moins dépendantes des importations. Comme l’a souligné l’économiste Pierre Charbonnier en 2022 lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les conflits et les tensions géopolitiques peuvent devenir des catalyseurs pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles. Ces crises révèlent l’importance de diversifier les sources d’énergie et de développer des alternatives locales, comme les énergies renouvelables (éolien, solaire, hydroélectricité) ou le nucléaire. Cependant, cette transition prend du temps et ne peut pas compenser immédiatement les perturbations du marché.

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