La guerre en Iran devrait faire baisser les émissions de CO₂ liées à l’énergie
La guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz en 2026 illustrent comment les crises géopolitiques peuvent perturber les équilibres énergétiques mondiaux. Cette perturbation, en faisant flamber les prix des hydrocarbures, pourrait bien accélérer une transition énergétique forcée, mais aussi révéler les vulnérabilités structurelles des économies dépendantes des importations de combustibles fossiles.
Quelles sont les conséquences directes de la crise du détroit d’Ormuz sur les émissions de CO₂ en 2026 ?
La fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué une hausse des prix du pétrole et du gaz, entraînant une baisse de la demande mondiale et une réduction des émissions de CO₂ liées à ces énergies. Les émissions de CO₂ devraient ainsi reculer de 0,5 % en 2026 par rapport à 2025, une première depuis la pandémie de 2020. La baisse la plus marquée concerne le pétrole (-270 millions de tonnes de CO₂), suivie du gaz (-40 millions de tonnes), tandis que le charbon, lui, voit ses émissions augmenter de 190 millions de tonnes, principalement pour des raisons indépendantes de la crise au Moyen-Orient.
Pourquoi certains pays pourraient-ils accélérer leur transition énergétique sous la pression de cette crise ?
La dépendance aux importations de combustibles fossiles expose les pays à des risques économiques et géopolitiques majeurs. Avec 75 % de la population mondiale vivant dans des pays importateurs, et des exemples comme l’Espagne, le Japon, l’Allemagne ou l’Inde qui importent entre 80 % et 99 % de leur pétrole, la hausse des prix des hydrocarbures peut rendre la sortie des énergies fossiles plus attractive. Comme le soulignait Pierre Charbonnier en 2022, les conflits et les chocs de prix peuvent transformer cette dépendance en un levier stratégique pour réduire les émissions.
Quelles sont les limites de cette baisse des émissions de CO₂ en 2026 ?
La baisse des émissions reste modeste (0,5 %) et repose en grande partie sur une destruction de la demande forcée par la crise, plutôt que sur une transition volontaire vers des énergies propres. Par ailleurs, la hausse des émissions liées au charbon (+190 millions de tonnes) montre que certains pays pourraient compenser la baisse du pétrole et du gaz par une énergie encore plus polluante, en raison de son coût ou de sa disponibilité.
Ce que ça pourrait changer
Cette crise pourrait accélérer les politiques de diversification énergétique dans les pays dépendants des importations, mais elle risque aussi de fragiliser les économies les plus vulnérables. À plus long terme, elle interroge sur la capacité des États à concilier sécurité énergétique et transition écologique sans reproduire les erreurs du passé. La baisse des émissions en 2026 ne doit pas masquer les risques d’un report vers des solutions encore plus polluantes, comme le charbon.

