Le chef kurde syrien annonce la dissolution de ses puissantes forces armées
Depuis l'éviction du président et dictateur syrien Bachar el Assad, les nouvelles autorités à Damas cherchent par tous les moyens à réunifier le pays morcelé par la guerre civile. Or, hier, on a appris la dissolution des Forces Démocratiques Syriennes..
En 2026, la Syrie sort d'une longue guerre civile qui a opposé le régime autoritaire de Bachar el-Assad à divers groupes rebelles et djihadistes. Depuis la chute du dictateur, les nouvelles autorités syriennes, dirigées par le président Ahmed al-Charah, tentent de rétablir l'unité du pays, profondément divisé. Cette période de transition est marquée par des négociations complexes avec les différentes factions, dont les Kurdes, une minorité ethnique présente notamment dans le nord-est du pays. Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une coalition militaire dominée par les Kurdes, ont joué un rôle central dans la lutte contre l'État islamique (EI) entre 2014 et 2019. Leur dissolution annoncée hier s'inscrit dans ce processus de reconstruction nationale, sous l'impulsion des nouvelles autorités.
Hier, le chef des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) a annoncé la dissolution de cette armée, forte et bien organisée, qui a été pendant des années le fer de lance de la lutte contre les djihadistes de l'État islamique. Cette décision a été prise dans le cadre d'un accord négocié avec le président Ahmed al-Charah. Les FDS étaient initialement soutenues par une coalition internationale menée par les États-Unis, qui les avaient aidées à vaincre l'EI en 2019. Cependant, depuis la chute de Bachar el-Assad, les États-Unis ont réorienté leur soutien vers les nouvelles autorités islamistes de Damas, ce qui a précipité cette dissolution. Cette décision marque la fin d'une époque pour les Kurdes syriens, qui aspiraient à une plus grande autonomie dans la région.
La dissolution des FDS représente une victoire pour deux acteurs clés de la région : le président syrien Ahmed al-Charah et son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan. Pour al-Charah, cette décision renforce son autorité sur l'ensemble du territoire syrien et affaiblit les revendications autonomistes des Kurdes. Pour Erdoğan, elle répond à une préoccupation majeure : les Kurdes syriens sont perçus par la Turquie comme une menace en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation terroriste par Ankara. Cette dissolution pourrait donc apaiser les tensions entre la Syrie et la Turquie, deux pays qui ont longtemps été en conflit.
Les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans la création et le soutien des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) il y a dix ans, dans le cadre de leur lutte contre l'État islamique. Cependant, depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, Washington a choisi de recentrer son soutien sur les nouvelles autorités islamistes de Damas, au détriment des Kurdes. Cette décision a été perçue comme une trahison par certains observateurs, car elle a contribué à fragiliser la position des Kurdes syriens. Elle reflète également un changement stratégique des États-Unis dans la région, où leurs priorités évoluent en fonction des rapports de force locaux.
La dissolution des FDS marque la fin des espoirs des Kurdes syriens d'obtenir une plus grande autonomie, voire une indépendance, dans le nord-est de la Syrie. Pendant des années, les Kurdes avaient administré cette région de manière autonome, avec leurs propres institutions et forces de sécurité. Leur armée, les FDS, était considérée comme la mieux organisée et la mieux entraînée du pays. Cependant, cette autonomie était contestée par Damas, qui y voyait une menace pour l'unité nationale. Avec la dissolution des FDS, les Kurdes perdent leur principal outil de défense et de négociation, ce qui rend improbable toute avancée vers une autonomie politique ou territoriale dans un avenir proche.

