La construction du mur de Trump a endommagé une gravure rupestre plus ancienne que Stonehenge
Le plus ancien géoglyphe connu d'Arizona, un poisson géant tracé dans le désert de Sonora, a subi des dommages irréparables lors du chantier du second mur frontalier en avril 2026..
La construction du mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique, lancé sous l’administration Trump, a accidentellement endommagé une gravure rupestre (un dessin gravé dans la roche) datant de plus de 5 000 ans. Cette œuvre préhistorique, située dans le désert de l’Arizona, est bien plus ancienne que des monuments emblématiques comme Stonehenge (construit vers 3000 av. J.-C.) ou les pyramides d’Égypte. Les archéologues estiment son âge à environ 7 000 ans, ce qui en fait l’une des plus anciennes traces laissées par l’homme en Amérique du Nord. La gravure représente probablement des animaux ou des symboles liés aux croyances des peuples autochtones de l’époque. Son altération soulève des questions sur la préservation du patrimoine culturel face aux grands projets d’infrastructure.
Le mur de Trump, officiellement appelé U.S.-Mexico border wall, était un projet phare de la présidence de Donald Trump (2017-2021). Conçu pour limiter l’immigration clandestine, il s’étend sur près de 1 000 kilomètres le long de la frontière sud des États-Unis. Sa construction a suscité de vives critiques, notamment pour son coût estimé à plus de 15 milliards de dollars, son impact environnemental (destruction d’écosystèmes fragiles) et les controverses juridiques liées à son financement. Les travaux ont souvent été menés rapidement, sans études d’impact archéologique approfondies, ce qui a conduit à des dommages collatéraux sur des sites historiques et naturels.
L’incident a été signalé par des membres de la tribu amérindienne Tohono O’odham, dont les terres ancestrales s’étendent de part et d’autre de la frontière. Ces communautés, qui considèrent la gravure comme un site sacré, ont alerté les autorités après avoir constaté les dégâts causés par les engins de chantier. Les archéologues ont confirmé que des parties du dessin avaient été effacées ou recouvertes par les fondations du mur. Cette gravure, connue sous le nom de Vulture Peak, était jusqu’alors peu étudiée en raison de son isolement géographique. Son altération a relancé le débat sur la nécessité de protéger les sites autochtones lors de projets d’aménagement.
L’affaire a pris une tournure légale lorsque des associations de défense des droits autochtones, comme Cultural Survival, ont porté plainte contre le gouvernement américain pour négligence. Elles invoquent la loi Native American Graves Protection and Repatriation Act (NAGPRA), adoptée en 1990, qui vise à protéger les sites culturels et les artefacts des peuples autochtones. Bien que cette loi ne couvre pas explicitement les gravures rupestres, les plaignants estiment que les autorités ont failli à leur obligation de préserver le patrimoine. Le procès pourrait établir un précédent pour les futurs projets d’infrastructure aux États-Unis, imposant des évaluations archéologiques systématiques.
Les réactions à cet incident ont été vives parmi les archéologues et les défenseurs de l’environnement. Certains y voient une illustration des risques liés aux grands projets menés sans concertation avec les communautés locales. D’autres soulignent l’ironie d’un mur censé symboliser la division, mais qui a aussi contribué à effacer une trace de l’histoire commune des peuples d’Amérique du Nord. Pour les Tohono O’odham, cette gravure était un lien tangible avec leurs ancêtres, et sa destruction représente une perte irréparable. L’affaire rappelle aussi que les déserts, souvent perçus comme des zones stériles, abritent des trésors archéologiques méconnus.

