L’OTAN ne veut pas la guerre avec la Russie, mais est « prête à se battre dès ce soir »
La Russie pourrait tenter de tester les défenses de l’Alliance atlantique, selon des responsables européens..
Le général américain Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces de l’OTAN, a réaffirmé le 12 octobre 2026 que l’Alliance atlantique ne cherche pas la guerre avec la Russie, mais se déclare prête à combattre dès ce soir en cas d’attaque. Cette position s’inscrit dans une stratégie de dissuasion, où la préparation militaire vise à éviter un conflit en montrant une capacité de riposte immédiate. L’OTAN insiste sur sa volonté de maintenir des canaux de communication ouverts avec Moscou pour éviter les malentendus. La théorie de la victoire évoquée par le général repose sur trois étapes : bloquer une attaque initiale, contrer une avancée ennemie, et, si nécessaire, détruire les forces et les infrastructures russes engagées. Cette doctrine s’applique à toute agression, qu’elle soit conventionnelle ou clandestine. L’OTAN ne précise pas les moyens exacts de sa riposte, mais mentionne l’utilisation de capteurs, de systèmes autonomes et de forces combinées (terre, mer, air).
Depuis 2022, la Russie est accusée d’avoir mené au moins 211 actes hostiles ou incidents en Europe, selon l’Associated Press. Ces actions incluent des sabotages, des tentatives d’attaques par drones, et des intrusions dans l’espace aérien de pays membres de l’OTAN. Par exemple, en septembre 2026, l’Allemagne a déjoué un complot russe visant à faire exploser un drone chargé d’explosifs dans un aéroport de Leipzig pour cibler un avion ukrainien. En Estonie, un incendie criminel a touché une entreprise du secteur de la défense, tandis que des drones se sont écrasés dans des pays voisins de la Russie, de l’Ukraine ou du Bélarus. Les services de renseignement danois estiment que la Russie pourrait intensifier ces attaques pour tester la réaction de l’OTAN ou diviser l’Alliance. Ces actes visent aussi à détourner des ressources européennes destinées à soutenir l’Ukraine.
Les services de renseignement danois chargés de la défense ont émis un avertissement le 12 octobre 2026 : la Russie pourrait tenter une incursion militaire limitée contre un ou plusieurs pays de l’OTAN frontaliers de la Russie, comme la Pologne ou les États baltes. Cette hypothèse s’appuie sur l’escalade des activités clandestines russes en Europe et sur des exercices militaires simulés par Moscou. L’objectif serait de provoquer une crise au sein de l’Alliance en semant le doute sur sa capacité à protéger tous ses membres. Le premier ministre polonais Donald Tusk a confirmé ce risque, évoquant des attaques potentielles par drones ou roquettes contre des alliés soutenant l’Ukraine. Cependant, les experts estiment que la Russie aurait des difficultés à mener une attaque frontale contre l’OTAN tout en poursuivant sa guerre en Ukraine.
Malgré ses déclarations de préparation, l’OTAN rencontre des difficultés pour détecter et contrer les drones hostiles. Plusieurs incidents ont montré les limites de ses systèmes de défense : des drones se sont égarés dans l’espace aérien de pays membres, comme à Vilnius en mai 2026, où les habitants ont dû se mettre à l’abri. Les exercices simulant une guerre des drones ont révélé des lacunes dans la coordination entre les pays de l’Alliance. Pour y remédier, les membres déploient de plus en plus de capteurs au sol et de technologies de détection, comme des réseaux de surveillance connectés à des systèmes d’interception. Cependant, ces dispositifs n’ont encore permis d’abattre aucun drone. Le porte-parole de l’OTAN, le colonel Martin O’Donnell, souligne que la mise en place de ces outils est en cours, mais que leur efficacité reste à prouver.
Le contexte politique complique la position de l’OTAN. Le président américain Donald Trump a récemment accepté un accord pour acheter du diesel russe, une décision qui a suscité des interrogations en Europe sur la cohérence de la politique américaine. Par ailleurs, Trump a retiré des troupes américaines d’Europe et sa guerre contre l’Iran a entraîné des pénuries de missiles de défense aérienne en Europe. Malgré ces tensions, le général Grynkewich a réaffirmé l’engagement des États-Unis envers l’Alliance, tout en soulignant que la décision de déployer des troupes relève d’un choix politique. Il a appelé les membres de l’OTAN à coordonner une réponse unie face aux agissements russes pour tracer des *lignes rouges* claires à Moscou. Le soutien à l’Ukraine est présenté comme une priorité pour renforcer la dissuasion.

