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Géopolitique

Le dernier secret du Zodiac : l’intelligence artificielle a-t-elle identifié le plus célèbre tueur en série d’Amérique ?

Courrier International · mis à jour il y a 26 j

Depuis presque soixante ans, le tueur en série Zodiac hante l’imaginaire californien. Malgré des milliers de suspects et des décennies d’enquête, son identité n’a jamais été établie.

Zodiac, tueur insaisissable

Le Zodiac est un tueur en série non identifié qui a terrorisé le nord de la Californie à la fin des années 1960. Entre 1968 et 1969, il a tué au moins cinq personnes et blessé deux autres, tout en envoyant des lettres et des messages codés aux médias locaux, notamment au San Francisco Chronicle. Malgré des milliers de suspects et des décennies d’enquête, son identité reste un mystère. Les autorités n’ont jamais réussi à le confondre, malgré des indices comme des lettres signées de son pseudonyme, des portraits-robots et des preuves ADN partielles. Le cas du Zodiac est devenu l’un des plus célèbres non résolus de l’histoire criminelle américaine, alimentant livres, films et théories du complot.

L'IA au secours

En septembre 2024, Alex Baber, un enquêteur indépendant de 50 ans basé en Virginie-Occidentale, affirme avoir identifié le Zodiac grâce à un programme d’intelligence artificielle (IA) qu’il a développé. Baber dirige une petite équipe d’enquêteurs amateurs, les Cold Case Consultants of America (CCCoA). Son approche repose sur l’analyse de données de recensement rendues publiques récemment, combinée à des algorithmes capables de traiter des milliers d’informations pour établir des liens entre des suspects et les crimes. L’IA aurait permis de décrypter un message codé envoyé par le Zodiac en avril 1970 au San Francisco Chronicle, contenant une partie de son nom.

Le message codé clé

En avril 1970, le Zodiac a envoyé une lettre au San Francisco Chronicle contenant un message partiellement codé. Il y écrivait : « C’est le Zodiac qui vous parle. Au fait, est-ce que vous avez déchiffré le dernier code que je vous ai envoyé? Mon nom est… », suivi d’une suite de caractères incompréhensibles. Ce message, comme d’autres envoyés par le tueur, n’avait jamais été entièrement décrypté malgré des tentatives de cryptologues et d’enquêteurs. Baber et son équipe ont utilisé leur IA pour analyser ce code, en le comparant à des bases de données de noms, de profils généalogiques et de comportements criminels, afin d’identifier une correspondance plausible.

Méthode et résultats

Baber a croisé les données de recensement américaines (comme les registres de naissances, mariages et décès) avec des profils de suspects historiques du Zodiac, en utilisant des algorithmes d’apprentissage automatique. L’IA a identifié un nom correspondant à plusieurs critères : une personne née dans la région de Californie à la fin des années 1930 ou au début des années 1940, ayant un lien possible avec les victimes ou les lieux des crimes, et dont le profil correspondait aux descriptions des témoins. Selon Baber, le nom trouvé serait celui d’un homme aujourd’hui âgé de 80 à 90 ans, vivant probablement en Californie. Il n’a pas révélé l’identité exacte, invoquant des vérifications supplémentaires et une collaboration avec les autorités.

Réactions et limites

Cette hypothèse a relancé l’intérêt médiatique pour l’affaire, notamment dans le Sunday Times, qui a publié l’enquête en août 2026. Cependant, les autorités californiennes n’ont pas confirmé ni infirmé ces conclusions, soulignant que les preuves doivent être examinées de manière rigoureuse. Les experts en criminalistique soulignent que les données de recensement ne sont pas toujours fiables pour des enquêtes criminelles, car elles ne prennent pas en compte les changements de nom, les erreurs administratives ou les informations manquantes. De plus, l’IA ne peut pas remplacer une enquête judiciaire classique, qui nécessite des preuves tangibles comme des traces ADN ou des témoignages.

Lien avec le Dahlia noir

L’enquête de Baber a également relancé une autre affaire criminelle mythique américaine : celle du Dahlia noir. En 1947, Elizabeth Short, une jeune femme de 22 ans, a été retrouvée mutilée à Los Angeles. Son meurtre n’a jamais été résolu. Baber suggère que le Zodiac et le meurtrier du Dahlia noir pourraient être la même personne, en s’appuyant sur des similitudes dans les modes opératoires et les messages codés. Cette théorie, bien que fascinante, reste controversée et n’a pas été validée par les autorités. Elle illustre cependant comment une affaire non résolue peut en influencer une autre, même des décennies plus tard.

Ce que ça pourrait changer

Baber a indiqué qu’il partagerait ses conclusions avec les autorités californiennes, mais aucune date n’a été fixée pour une éventuelle arrestation ou confirmation publique. Les enquêteurs officiels devront vérifier si les éléments avancés par Baber et son IA sont suffisants pour rouvrir l’enquête. En attendant, l’affaire du Zodiac reste officiellement non résolue, malgré les avancées technologiques et les nouvelles pistes. Les familles des victimes, ainsi que les amateurs de true crime, attendent avec impatience une conclusion définitive, qui pourrait enfin clore l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire criminelle américaine.

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