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Géopolitique

Féminicides en Afrique du Sud : “Nous devons refuser de vivre dans la peur”

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

Entre juillet et septembre 2026, 12 corps de femmes battues à mort ont été découverts dans la région d’Ekurhuleni, près de Johannesburg. La police n’exclut pas la possibilité d’un tueur en série.

Vague de féminicides

Entre juillet et septembre 2026, 12 femmes ont été battues à mort dans la région d’Ekurhuleni, près de Johannesburg en Afrique du Sud. La police évoque la possibilité d’un tueur en série, bien que les enquêtes n’aient pas encore confirmé cette hypothèse. Parmi les victimes, Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, une femme de 38 ans disparue après une séance de jogging et retrouvée morte trois jours plus tard. Ces meurtres s’ajoutent à une série de féminicides déjà documentés dans le pays, où le taux de féminicides atteint 12,2 pour 100 000 habitants en 2022, soit près de six fois la moyenne mondiale. Le terme féminicide désigne le meurtre d’une femme en raison de son genre, un concept encore peu reconnu ou admis par certains hommes en Afrique du Sud.

Kempton Park en alerte

Kempton Park, une ville de la banlieue de Johannesburg où l’auteure de l’article a grandi, est désormais perçue comme un lieu dangereux. Dans son enfance, elle y courait librement, mais aujourd’hui, les femmes doivent prendre des précautions extrêmes, comme emporter du spray au poivre ou un couteau pour se protéger. Le corps de Tsontso a été retrouvé dans une zone mal entretenue, avec de hautes herbes propices à dissimuler des crimes. L’auteure souligne l’inaction des autorités locales, qui ne coupent l’herbe qu’après les meurtres, et critique le manque de mesures préventives dans les espaces publics comme les parcs ou les cimetières, où les femmes se sentent vulnérables.

Réactions masculines controversées

Les réactions des hommes en ligne face à ces féminicides ont choqué. Certains internautes, comme les animateurs du podcast Podcast and Chill, Sol Phenduka et MacG, ont plaisanté sur la disparition de Tsontso, déclenchant une vague d’indignation. D’autres, comme un utilisateur sous le pseudo @KonotoMochitele, ont minimisé la gravité des féminicides en comparant avec les meurtres d’hommes, ou ont menacé l’auteure et une autre femme de mort (RIP), avant de supprimer leurs messages. Ces réactions illustrent une résistance à reconnaître l’ampleur du problème des violences faites aux femmes en Afrique du Sud.

Appel à l’action collective

L’auteure, Busi Lethole, appelle les Sud-Africains à se mobiliser, notamment lors des élections municipales de novembre 2026, pour exiger des changements concrets. Elle dénonce l’inaction du gouvernement, qui réagit après les crimes plutôt que de prévenir, et souligne l’urgence de protéger les femmes dans l’espace public. Elle interpelle directement les hommes, les invitant à remettre en question les comportements misogynes au sein de leur communauté et à dénoncer publiquement ces violences. Pour elle, le mot féminicide ne doit plus être utilisé comme une arme, mais comme un outil de sensibilisation.

Ce que ça pourrait changer

L’Afrique du Sud affiche l’un des taux de féminicides les plus élevés au monde, avec 12,2 féminicides pour 100 000 habitants en 2022. Les meurtres d’Ekurhuleni ont provoqué une prise de conscience nationale, mais aussi des divisions, notamment sur les réseaux sociaux. Les femmes, symbolisées par le terme *Mbokodos* (une pierre à broyer traditionnelle représentant leur force), sont invitées à s’exprimer et à refuser de vivre dans la peur. L’auteure insiste sur le fait que les hommes, souvent en sécurité dans l’espace public, doivent comprendre l’urgence de la situation et agir pour protéger les femmes.

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