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Culture

Himalaya, quand le toit du monde s'effondre : De l'Everest aux Annapurnas

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 4 j

Le Népal a construit une partie de son économie en s'appuyant sur le développement du tourisme, jusqu'à accueillir plus d'un million de visiteurs en 2025. Comment le tourisme d'altitude s'est-il développé et comment l'État et la population népalaise ont-ils investi ce secteur profitable ?.

Tourisme himalayen en croissance

En 2025, le Népal a accueilli un peu plus d’un million de touristes, dont une partie importante était attirée par les sommets himalayens comme l’Everest ou les Annapurnas. Ce tourisme d’altitude, appelé himalayisme, s’est développé dès les années 1950 avec des alpinistes occidentaux comme Maurice Herzog ou Edmund Hillary. Aujourd’hui, il attire des passionnés du monde entier, y compris d’Asie. Cette activité représente près de 7 % du PIB népalais, ce qui en fait un secteur économique majeur pour le pays. Le tourisme d’altitude inclut des alpinistes, des trekkeurs (randonneurs en haute altitude), des pèlerins religieux et des amateurs de faune sauvage. Les paysages spectaculaires et la recherche de performance sportive sont deux des principaux moteurs de cette affluence.

Rôle de l'État népalais

L’État népalais a structuré ce secteur en instaurant des permis pour les alpinistes et les trekkeurs, tout en accompagnant son développement. Ces permis, payants, génèrent des revenus importants pour le pays. Le gouvernement a aussi soutenu la création d’une chaîne économique autour du tourisme d’altitude : des porteurs locaux (souvent des Sherpas ou d’autres groupes ethniques) transportent le matériel, des guides d’altitude encadrent les expéditions, et des lodges (refuges) ou des sociétés de transport aérien se sont développés. Les Sherpas, une communauté himalayenne, jouent un rôle central dans cette organisation, passant de simples porteurs à entrepreneurs dans des domaines comme le trekking, l’hôtellerie ou les transports.

Évolution des pratiques

Depuis les années 2010, l’alpinisme a connu des changements majeurs. Les expéditions sont désormais plus organisées : installation de cordes fixes sur les voies pour faciliter l’ascension, développement de camps d’altitude équipés, et utilisation systématique de masques à oxygène pour les sommets de plus de 8 000 mètres. Ces évolutions ont rendu les ascensions plus accessibles, mais aussi plus commerciales. Certains trekkeurs privilégient désormais des randonnées moins fréquentées, attirés par la beauté des paysages plutôt que par la performance sportive. Cependant, ces pratiques restent minoritaires face à l’engouement pour les sommets emblématiques comme l’Everest.

Impact économique local

Le tourisme d’altitude a transformé les économies locales, notamment dans les régions himalayennes. Les Sherpas et d’autres communautés ont pu diversifier leurs revenus en travaillant comme guides, porteurs ou propriétaires de lodges. Un exemple marquant est celui de Sonam Sherpa, ancien berger devenu entrepreneur millionnaire grâce à la création du groupe Yeti World, actif dans le trekking, le transport aérien et l’hôtellerie de luxe. Cependant, cette dépendance économique au tourisme expose aussi ces populations aux aléas climatiques et aux crises, comme les catastrophes naturelles ou les baisses de fréquentation.

Défis climatiques et risques

Le réchauffement climatique et la fonte des glaciers menacent directement les pratiques du tourisme d’altitude. Les risques glaciaires, comme des effondrements ou des crues soudaines, deviennent plus fréquents. Par exemple, en 2015, une catastrophe majeure a frappé le Népal, rappelant la vulnérabilité de ces régions. Les professionnels du secteur et les autorités locales doivent désormais intégrer ces risques dans leur gestion, tout en cherchant à préserver l’attractivité des sommets himalayens. Ces défis pourraient redéfinir les rapports entre les habitants, les touristes et les autorités dans les années à venir.

Ce que ça pourrait changer

La commercialisation de l’ascension de l’Everest et des autres sommets suscite des débats. Des figures historiques de l’alpinisme, comme Edmund Hillary (premier à atteindre le sommet de l’Everest en 1953), ont critiqué cette évolution, la jugeant excessive. Certains alpinistes estiment que les conditions actuelles transforment l’expérience en une simple activité touristique, éloignée de l’esprit d’aventure originel. Ces critiques sont relayées par les médias et les réseaux sociaux, où des phénomènes comme les files d’attente sur les sommets ou l’utilisation massive de matériel ont été mis en lumière.

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