NapseflowNapseflow
Philosophie

Le sillage et le ressac – sur « Blackground : murmures des mornes »

AOC Media · mis à jour il y a 17 j

Les six expositions du projet « Blackground : murmures des mornes » réunissent plus de cinquante artistes qui occupent les « manques » de l’histoire officielle et dominante. Le projet nous amène à penser la manière dont les violences coloniales continuent de structurer les sociétés contemporaines, en créant à partir de la mémoire invisibilisée et de matières vivantes et résistantes.

Projet Blackground

Le projet Blackground : murmures des mornes rassemble plus de cinquante artistes à travers six expositions. Il explore comment les violences coloniales continuent d’influencer les sociétés contemporaines. L’objectif est de donner une visibilité aux mémoires invisibilisées par l’histoire officielle, en utilisant des matières vivantes et des récits résistants. Le terme mornes fait référence aux collines ou montagnes, souvent associées à des paysages antillais, symbolisant ici les mémoires enfouies et les paysages de résistance. Les expositions se tiennent dans des lieux comme le Frac MÉCA, situé près de la Garonne, à Bordeaux, une ville historiquement liée au commerce triangulaire et à l’esclavage.

Œuvre de Binta Diaw

L’artiste Binta Diaw présente l’installation Chorus of soil (2020) au Frac MÉCA. Cette œuvre consiste en des monticules de terre sombre disposés au sol, reproduisant symboliquement la forme d’une cale de bateau négrier. L’installation est située en miroir de la Garonne, rappelant le passé esclavagiste de Bordeaux. La terre n’est pas un simple matériau : elle devient une archive vivante, un corps mémoriel où s’inscrivent les traces des violences passées. Les graines semées dans cette terre évoluent avec le temps, symbolisant à la fois l’oppression et la renaissance. L’œuvre interroge la mémoire collective et les possibilités de survie dans un écosystème marqué par des crises.

Symbolique de la terre

Dans l’œuvre de Binta Diaw, la terre (ground en anglais) dépasse son rôle de matériau pour incarner une mémoire collective. Elle est décrite comme un creuset, c’est-à-dire un lieu de transformation intense, et une nourrice, car elle permet la germination et la régénération. Les graines plantées dans l’installation évoluent progressivement, transformant l’œuvre au fil du temps. Cette dynamique illustre le double visage de la mémoire : elle conserve les traces des violences passées, mais elle est aussi le lieu de la transmission et de la renaissance. La terre devient ainsi un symbole de résistance et de résilience.

Lien avec Bordeaux

L’exposition s’inscrit dans le contexte de Bordeaux, une ville dont l’histoire est étroitement liée à l’esclavage et au commerce triangulaire. L’œuvre de Binta Diaw, installée près de la Garonne, rappelle visuellement ce passé. La cale de bateau représentée en terre est un écho aux navires négriers qui partaient de Bordeaux pour l’Afrique, transportant des esclaves vers les Amériques. L’artiste utilise ce symbole pour interroger les liens ancestraux de la ville avec l’esclavage et pour proposer de nouvelles interprétations de ce crime pluricentenaire. L’installation devient ainsi un miroir des mémoires enfouies de la ville.

Ce que ça pourrait changer

Le projet *Blackground : murmures des mornes* est qualifié de *torrentiel*, c’est-à-dire qu’il déferle comme un flot puissant et inarrêtable. Cette métaphore illustre la force des récits et des mémoires qu’il met en lumière. L’œuvre de Binta Diaw, avec ses graines en mouvement et sa terre en évolution, incarne cette dynamique. Le terme *torrentiel* souligne aussi l’impact émotionnel et intellectuel du projet, qui cherche à submerger le visiteur pour le confronter aux violences coloniales et à leurs conséquences contemporaines. Le projet se veut ainsi à la fois une vague de révélation et un appel à la réflexion.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.