Coupe du Monde 2026 : le football a-t-il gagné ?
Ce qu’il faut retenir La Coupe du monde a été décevante en termes purement footballistiques, avec de nombreux matches de bas niveau et d’innombrables problèmes d’arbitrage. Au-delà du terrain de jeu, le prix exorbitant des places, les décisions de l’administration américaine à l’égard de l’arbitre somalien et de l’équipe iranienne, et les ingérences directes de Trump laissent un goût amer.
L’Espagne a remporté la Coupe du Monde 2026, saluée par la presse internationale pour son jeu offensif et séduisant. Cette victoire contraste avec des équipes comme l’Argentine, critiquée pour ses stratégies défensives et ses méthodes d’intimidation jugées excessives. Cependant, cette performance sportive ne reflète pas nécessairement l’état global du football à l’issue de cette compétition. Les médias ont célébré cette victoire comme celle « du football », mais cette affirmation masque des problèmes structurels et organisationnels majeurs qui ont marqué l’édition 2026.
La phase de groupes a été marquée par de nombreux matches de faible niveau, avec une moyenne de 2,85 buts par match, supérieure à celle de 2022 (2,5). Ce résultat s’explique en partie par l’élargissement à 48 équipes, contre 32 auparavant, ce qui a permis à 32 équipes de se qualifier pour les seizièmes de finale, réduisant les surprises. Par exemple, le match Allemagne-Curaçao (7-1) illustre l’écart de niveau entre les équipes. Cette décision d’étendre la compétition à 48 équipes a été portée par Gianni Infantino, président de la FIFA, et adoptée à l’unanimité par son Conseil d’administration en 2024.
L’arbitrage a été critiqué pour son laxisme, notamment envers les équipes adoptant des tactiques agressives. Malgré une consigne de « laisser jouer », de nombreuses fautes graves, comme des agressions délibérées, n’ont pas été sanctionnées. Par exemple, des joueurs argentins et paraguayens ont échappé à des cartons rouges lors de matchs contre l’Angleterre, l’Espagne ou la France. Les phases de jeu comme les corners sont devenues des « foires d’empoigne », avec des comportements violents tolérés. De plus, les contestations systématiques des décisions arbitrales par les joueurs, souvent filmées et relayées, ont terni l’image du football.
Les « pauses fraîcheur » ont été instaurées en milieu de chaque mi-temps, divisant les matchs en quatre quarts-temps. Ces pauses de 2 minutes 30, initialement conçues pour protéger les joueurs des fortes chaleurs, ont été largement critiquées, y compris par les spectateurs, car elles ne correspondaient pas toujours aux conditions climatiques. Leur principal intérêt était économique : elles permettaient d’insérer des spots publicitaires supplémentaires, très lucratifs pour la FIFA et les diffuseurs. Par exemple, lors de la Coupe du Monde 2026, ces pauses ont généré un nouveau jackpot publicitaire pour des chaînes comme M6.
Le prix des billets pour la Coupe du Monde 2026 a été jugé exorbitant, avec une moyenne de plusieurs centaines d’euros par place. Cette hausse des tarifs a exclu une partie des supporters traditionnels, notamment les moins aisés, qui ne pouvaient plus se permettre d’assister aux matchs. Par exemple, des familles ou des fans habitués des éditions précédentes ont été contraints de renoncer à leur passion en raison de ces coûts prohibitifs. Cette situation rappelle les critiques adressées à l’édition 2022 au Qatar, où l’accessibilité financière avait également été pointée du doigt.
L’administration de Donald Trump a marqué la compétition par des ingérences politiques controversées. Par exemple, l’arbitre somalien Abdulkadir Artan a été refoulé aux États-Unis sous prétexte de liens supposés avec l’organisation terroriste Al-Shebab, une accusation qu’il a fermement contestée. De plus, l’équipe d’Iran a subi un traitement discriminatoire, avec des contraintes de voyage supplémentaires pour éviter de résider sur le sol américain. Trump a également interféré directement dans les décisions de la FIFA, comme l’annulation de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun avant un huitième de finale, après un coup de fil personnel à Gianni Infantino.
Gianni Infantino, président de la FIFA, a été accusé de complaisance envers les pressions politiques, notamment celles de Donald Trump, à qui il a décerné un « prix spécial de la paix » en 2026. Infantino, déjà réélu en 2023, est quasi assuré de briguer un nouveau mandat en 2027. Son influence a permis d’étouffer les oppositions internes à la FIFA, notamment en s’appuyant sur des fédérations africaines, sud-américaines et du Moyen-Orient. Son projet d’étendre la Coupe du Monde à 64 équipes en 2030, puis à 48 en 2034, est vivement critiqué pour son impact écologique et sportif, avec des matchs supplémentaires et une empreinte carbone accrue.
Un rapport d’Amnesty International a révélé des atteintes majeures aux droits humains pendant la Coupe du Monde 2026, similaires à celles reprochées au Qatar en 2022. La police fédérale de l’immigration américaine (ICE) a ciblé des milliers d’étrangers, et des restrictions ont été imposées aux droits des femmes et des personnes LGBTI+. Ces exactions ont été facilitées par la collaboration de la FIFA avec les autorités américaines, malgré son prétendu apolitisme. Par exemple, des supporters et des journalistes ont fait l’objet de contrôles discriminatoires ou de refus d’entrée sur le territoire.
La Coupe du Monde 2026 a révélé des failles majeures dans l’organisation du football mondial, avec une gouvernance de plus en plus opaque et soumise aux intérêts économiques et politiques. Les projets d’extension à 64 équipes en 2030 et à 48 en 2034, ainsi que le choix de l’Arabie saoudite comme pays hôte en 2034, soulèvent des questions sur l’intégrité sportive et environnementale. Par exemple, l’Arabie saoudite, dont le sponsor est Aramco (entreprise la plus émettrice de CO₂ au monde), a été désignée sans réelle concurrence, illustrant la mainmise des intérêts financiers sur le football.

