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Moderniser le Stade olympique pour attirer des mégaconcerts

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 19 j

L'objectif est de faire venir de grandes vedettes internationales, qui préfèrent parfois Toronto..

Modernisation du Stade

Le gouvernement du Québec a approuvé la rénovation intérieure du Stade olympique de Montréal pour le rendre plus attractif pour les mégaconcerts. Ce projet vise à replacer la métropole sur la scène des grandes tournées mondiales. Actuellement, aucun autre stade au Québec ne peut accueillir plus de 20 000 spectateurs pour des événements internationaux, selon Amélie Dionne, ministre québécoise du Tourisme. La modernisation inclura des améliorations pour répondre aux exigences des artistes, notamment en matière d’acoustique, souvent critiquée par le passé. Le stade, reconnaissable à son mât incliné, sera rouvert en 2028. L’objectif est d’attirer des événements sportifs, culturels et de divertissement d’envergure, tout en stimulant le tourisme musical.

Enjeux des mégaconcerts

Plusieurs grandes tournées internationales, comme celles de Taylor Swift ou Coldplay, ont évité Montréal ces dernières années en raison de l’absence d’infrastructures adaptées. Par exemple, les six concerts de Taylor Swift à Toronto ont généré 282 millions de dollars en retombées économiques locales. Le Centre Bell, avec une capacité maximale de 15 000 spectateurs, et le parc Jean-Drapeau, limité par les conditions climatiques, ne suffisent plus. Le Stade olympique, avec sa capacité potentielle de 50 000 à 60 000 places, pourrait combler ce manque. Cependant, le nombre d’artistes capables de remplir un tel stade reste limité, selon Alexis Perron-Brault, professeur de marketing à l’UQAM. Le Parc olympique espère organiser quatre à six événements majeurs par an après la rénovation.

Retombées économiques

Le tourisme musical est en plein essor, comme en témoigne la prévente record de 9 millions de billets pour la résidence de Céline Dion à Paris. Martin Roy, PDG du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI), souligne que les jeunes générations et les touristes se déplacent de plus en plus pour assister à des concerts. Une fois modernisé, le Stade olympique pourrait attirer davantage de ces événements et générer des retombées économiques significatives pour Montréal. Cependant, cette manne ne sera pas automatique : il faudra attirer des artistes capables de remplir le stade et de susciter l’engouement du public.

Rôle des artistes locaux

En 1984, l’artiste québécoise Diane Dufresne avait rempli le Stade olympique avec 55 000 spectateurs pour son spectacle Magie rose, mais les billets coûtaient seulement 10 dollars (équivalent à environ 28 dollars aujourd’hui). Aujourd’hui, rares sont les artistes québécois capables de remplir un tel stade. Simon Claus, directeur des Affaires publiques et de la recherche à l’ADISQ, espère que la modernisation du stade permettra aux artistes locaux de proposer des spectacles de grande envergure. Cependant, le défi reste de taille, car les coûts des billets et la concurrence des artistes internationaux rendent cette ambition difficile à réaliser.

Risques de concentration

Le Parc olympique, qui gère le Stade, n’a pas encore signé de contrat avec evenko, une entreprise spécialisée dans l’organisation d’événements. Cependant, Patrick Kearney, directeur du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), s’inquiète de voir evenko monopoliser l’organisation des futurs concerts. Cette entreprise appartient à 49 % à la multinationale Live Nation, déjà critiquée pour sa mainmise sur l’industrie du spectacle au Québec. En février 2024, une enquête de Radio-Canada avait révélé les pratiques controversées d’evenko dans la gestion du parc Jean-Drapeau. Kearney craint que les profits des futurs concerts au Stade olympique ne bénéficient pas suffisamment à la culture québécoise.

Ce que ça pourrait changer

Pour éviter une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’*evenko* et de *Live Nation*, Patrick Kearney propose d’impliquer d’autres promoteurs comme *Gestev* (qui gère le Centre Vidéotron à Québec) ou *BLEUFEU* (organisateur du Festival d’été de Québec). Il suggère également de mettre en place un système de redevances, inspiré du modèle britannique, où une livre sterling est prélevée sur chaque billet de concert vendu pour soutenir les petites salles et les artistes indépendants. Le Parc olympique a indiqué être en discussion avec divers partenaires et reste ouvert à des collaborations variées. L’objectif est de garantir que le Stade olympique, en tant qu’espace public, génère des retombées équitables pour la culture québécoise.

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