Les universités européennes attirent de plus en plus d’étudiants internationaux
Face au durcissement des politiques migratoires et à des frais de scolarité élevés au Royaume-Uni et aux États-Unis, les inscriptions sont en hausse dans les universités européennes. L’article Les universités européennes attirent de plus en plus d’étudiants internationaux est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Pour la rentrée universitaire de janvier à mars 2026, les universités européennes ont enregistré une hausse des inscriptions d’étudiants internationaux par rapport à la même période en 2025. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les établissements des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni ont vu leurs effectifs d’étudiants étrangers diminuer. Par exemple, les arrivées d’étudiants internationaux aux États-Unis ont reculé de 12 % en janvier 2026 par rapport à janvier 2025, selon les données du département du Commerce américain. Cette évolution s’explique principalement par des politiques migratoires plus strictes et des coûts d’études élevés dans ces pays anglo-saxons.
Les difficultés liées aux visas et aux politiques gouvernementales sont citées par deux tiers des 254 établissements d’enseignement supérieur interrogés dans une enquête menée au printemps 2026. Ces établissements, répartis dans 36 pays, soulignent que ces obstacles ont eu l’impact négatif le plus important sur leurs inscriptions d’étudiants internationaux. En parallèle, les frais de scolarité et le coût de la vie dans les pays anglo-saxons deviennent moins attractifs pour les étudiants étrangers. Par exemple, l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH) en Suisse, classée parmi les 20 meilleures universités mondiales, facture environ 4 700 euros par an aux étudiants étrangers, contre des montants bien plus élevés dans des établissements similaires au Royaume-Uni ou aux États-Unis.
Les frais de scolarité pour les étudiants internationaux varient considérablement entre l’Europe et les pays anglo-saxons. En Suisse, l’ETH Zurich coûte environ 4 700 euros par an, tandis qu’au Royaume-Uni, une université comme l’University College London (UCL) peut facturer entre 6 et 10 fois plus cher. Aux États-Unis, les frais annuels pour un étudiant international à l’Université de Californie à San Diego peuvent atteindre près de 48 000 dollars, incluant les frais de scolarité et les frais annexes. Ces différences expliquent en partie pourquoi l’Europe attire de plus en plus d’étudiants étrangers, malgré des salaires moyens souvent plus bas qu’aux États-Unis.
Le recul des inscriptions d’étudiants internationaux aux États-Unis pourrait avoir des conséquences économiques majeures. Selon une analyse de la NAFSA, une organisation spécialisée dans les échanges éducatifs, cette baisse pourrait coûter 3,4 milliards de dollars aux économies locales et menacer jusqu’à 40 000 emplois. Les établissements les plus dépendants des frais de scolarité des étudiants étrangers pourraient être contraints de revoir leur modèle économique pour s’adapter à cette nouvelle réalité. En Europe, cette tendance pourrait renforcer les économies locales des villes universitaires, grâce à l’afflux de nouveaux étudiants.
L’attractivité des universités européennes s’appuie aussi sur leur classement mondial. Par exemple, l’ETH Zurich figure parmi les 20 meilleures universités au monde selon le classement de Shanghai 2026. Cette reconnaissance internationale, combinée à des frais de scolarité plus abordables, renforce la compétitivité des établissements européens face à leurs concurrents anglo-saxons. En 2026, les inscriptions en bachelor ont augmenté de 5 % dans les universités européennes, tandis qu’elles ont chuté de 20 % aux États-Unis. Pour les masters, la croissance européenne est de 1 %, contre une baisse de 24 % aux États-Unis.

