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Généraliste

Hausse de 18 % du taux d’absentéisme dans la fonction publique québécoise

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

La surcharge de travail et les compressions sont en cause, selon un syndicat..

Hausse marquée

Le taux d’absentéisme dans la fonction publique québécoise a augmenté de 18 % entre les années 2023-2024 et 2025-2026. Il est passé de 5,38 % à 6,37 %, selon les données du Secrétariat du Conseil du trésor. Cette hausse s’inscrit dans un contexte où les ministères et organismes publics du Québec font face à des défis budgétaires et à une charge de travail accrue. Le taux d’absentéisme mesure la proportion de jours de travail non effectués par les employés par rapport au total des jours travaillables. Par exemple, un taux de 6,37 % signifie que, sur 100 jours travaillés, environ 6,4 jours ne sont pas couverts par la présence des employés. Cette situation préoccupe les autorités, qui soulignent la nécessité de mettre en place des mesures pour inverser cette tendance.

Causes évoquées

Plusieurs acteurs, dont le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), attribuent cette hausse à deux facteurs principaux : les compressions budgétaires et la surcharge de travail. Frédérick Dagenais, président régional du SFPQ, explique que l’abolition des postes et l’augmentation des demandes, notamment à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ont créé une pression insoutenable sur les employés restants. Le terme compressions budgétaires désigne les réductions de dépenses publiques, souvent accompagnées de suppressions de postes ou de gel des embauches. Selon le syndicat, les employés sont ainsi obligés de « faire plus avec moins », ce qui entraîne une fatigue accrue et des départs. Le Secrétariat du Conseil du trésor, de son côté, évoque également des facteurs comme l’effet du télétravail et la fatigue numérique, mais sans les considérer comme les seules causes.

Impact sur les employés

Les employés de la fonction publique québécoise subissent directement les conséquences de cette situation. Un sondage réalisé par le SFPQ auprès de près de 4 600 membres révèle que 55 % des répondants à la CNESST déclarent prendre du retard dans leur travail, 71 % estiment travailler à une cadence élevée et 46 % affirment ne pas pouvoir prendre leurs pauses. Ces chiffres illustrent une détérioration des conditions de travail, où la pression et le manque de ressources se traduisent par un stress accru. Frédérick Dagenais, cité dans l’article, évoque même des départs de collègues « parce qu’ils ne sont plus capables » de supporter la charge. La CNESST, pour sa part, affirme que la santé des employés reste une priorité et qu’elle met en place des mesures de soutien, bien que les détails de ces actions ne soient pas précisés dans l’article.

Coût pour l'État

La hausse de l’absentéisme a un coût financier important pour l’État québécois. Les dépenses liées à l’absentéisme sont passées de 173,03 millions de dollars en 2022-2023 à 249,98 millions de dollars en 2025-2026, selon le Secrétariat du Conseil du trésor. Ces coûts incluent notamment les indemnités versées aux employés en arrêt de travail pour raisons de santé. Frédérick Dagenais du SFPQ critique cette approche, estimant que les économies réalisées par la suppression de postes (3 000 postes supplémentaires prévus d’ici 2027) sont en réalité annulées par ces dépenses accrues. Il qualifie ces économies de « bouts de chandelles », soulignant que l’argent dépensé pour les invalidités réduit l’impact des compressions budgétaires.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette situation, le Secrétariat du Conseil du trésor a informé les ministères et organismes publics de la nécessité de déployer des actions pour réduire le taux d’absentéisme. Aucune mesure concrète n’est détaillée dans l’article, mais l’objectif est clair : améliorer les conditions de travail et alléger la charge des employés. La CNESST, quant à elle, affirme développer des outils et des mesures de prévention pour soutenir la santé des employés, bien que les résultats ne soient pas encore visibles. Le gouvernement du Québec, de son côté, prévoit d’atteindre une réduction de 3 000 postes d’ici 2027, une décision qui divise, certains y voyant une solution à long terme, d’autres une aggravation du problème à court terme. Aucune solution immédiate n’est présentée dans l’article, mais la situation reste sous surveillance.

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