Un mois après le double séisme, le Venezuela plonge dans une crise sanitaire
Le double séisme survenu le 24 juin a fait plus de 5 000 morts. Un bilan qui ne cesse de s’alourdir alors que les informations remontent du terrain.
Le double séisme survenu le 24 juin 2026 au Venezuela a causé la mort de 5 398 personnes et blessé plus de 16 000 autres, selon les chiffres officiels arrêtés au 22 juillet. Ces données, publiées par le média local El Pitazo, restent provisoires car 29 000 personnes sont encore portées disparues. Les répliques continues, ces secousses sismiques secondaires qui suivent un tremblement de terre principal, aggravent la situation en maintenant la population dans un état de stress chronique et en endommageant davantage les infrastructures déjà fragilisées. Les zones les plus touchées, notamment l'État de Miranda dans le nord du pays, subissent des dégâts structurels importants, rendant l'accès aux soins et aux secours encore plus difficile. Les autorités locales et les organisations humanitaires, comme l'ONG vénézuélienne Doctor Yaso, Payasos de Hospital, interviennent pour apporter un soutien psychologique et médical aux sinistrés, comme en témoigne la photo prise à La Guaira le 18 juillet 2026.
Un mois après les séismes, le Venezuela fait face à une recrudescence des maladies liées aux conditions de vie précaires des sinistrés. Entre le 28 juin et le 4 juillet 2026, plus de 16 000 cas de dysenterie ont été recensés, une infection intestinale causée par des bactéries ou des parasites, contre une moyenne saisonnière de 12 700 cas. Cette hausse de 5,27 % des infections respiratoires, comme les bronchites ou les pneumonies, s'explique par l'entassement dans des refuges temporaires, où l'air circule mal et où l'hygiène est difficile à maintenir. Le ministère vénézuélien de la Santé et la Société vénézuélienne d’infectiologie alertent sur le risque de propagation de maladies telles que la tuberculose ou l’hépatite E, dont les symptômes peuvent s'aggraver dans un contexte de malnutrition et d'épuisement. Les experts soulignent que ces pathologies ne surviennent pas immédiatement après un séisme, mais se développent progressivement en raison de la dégradation des conditions de vie.
La crise sanitaire est aggravée par des défaillances structurelles dans le système de santé vénézuélien. À peine la moitié des établissements médicaux du pays parviennent à transmettre leurs données épidémiologiques, en raison de coupures récurrentes du réseau électrique. Cette situation crée un silence épidémiologique, notamment dans l'État de Miranda, où les hôpitaux endommagés par les séismes ne peuvent plus fonctionner normalement. Pour pallier ces lacunes, les autorités sanitaires ont déployé des hôpitaux de campagne et des équipes médicales mobiles sur le terrain. Cependant, l'accès à l'eau potable reste un problème majeur : plus de 17 000 personnes sont sans abri, et celles qui se trouvent dans les refuges temporaires manquent souvent de moyens pour se laver les mains, favorisant la transmission de maladies. Les experts insistent sur la nécessité de rétablir rapidement l'approvisionnement en eau et les systèmes de drainage pour limiter les risques.
Avant même les séismes, le Venezuela connaissait une *crise silencieuse* en matière de vaccination, avec des taux de couverture vaccinale parmi les plus bas du continent. Selon le quotidien *El Nacional*, à peine un enfant sur deux est vacciné contre des maladies comme la **coqueluche**, le **tétanos** ou la **diphtérie**, contre une moyenne de 90 % dans les pays voisins. Cette situation, qui s'est dégradée depuis plusieurs années, expose la population à des épidémies évitables. Les séismes ont encore fragilisé ce système déjà affaibli, rendant encore plus difficile la mise en place de campagnes de vaccination d'urgence. Les experts recommandent une **surveillance renforcée** dans les refuges et une campagne stratégique de vaccination pour éviter une résurgence de maladies comme la tuberculose ou l'hépatite E. Pourtant, les infrastructures sanitaires limitées et les coupures d'électricité compliquent la logistique nécessaire à ces opérations.

