Pourquoi la guerre des Malouines resurgit dans le football argentin ?
L’équipe d’Argentine pourrait être sanctionnée par la FIFA pour avoir fêté sa victoire contre l’Angleterre en brandissant une banderole portant l'inscription : « Les Malouines sont argentines ». L’article Pourquoi la guerre des Malouines resurgit dans le football argentin ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Le conflit des Malouines, appelé Guerra de las Malvinas en espagnol, oppose l'Argentine au Royaume-Uni depuis 1833 pour le contrôle de l'archipel situé dans l'Atlantique Sud. Les Britanniques l'appellent Falkland Islands, tandis que les Argentins utilisent Islas Malvinas ou Islas Malouines. L'origine du nom Malouines remonte à 1763, lorsque des colons français originaires de Saint-Malo s'y installèrent. En 1810, l'Argentine, indépendante de l'Espagne, revendiqua l'archipel comme partie de son territoire. En 1982, la junte militaire argentine, dirigée par le général Leopoldo Galtieri, envahit les Malouines dans l'espoir de renforcer son pouvoir politique face à une crise économique et sociale. La guerre dura 74 jours et se solda par une défaite argentine, avec 649 soldats morts et 11 300 prisonniers. Cette défaite a laissé une blessure durable dans l'identité nationale argentine.
Le football argentin entretient un lien étroit avec la question des Malouines. Lors de la Coupe du monde 1986, l'Argentine affronta l'Angleterre quatre ans après la guerre. Diego Maradona, légende du football argentin, marqua deux buts légendaires, dont le célèbre But de la main de Dieu et le But du siècle, où il dribla six joueurs anglais. Après le match, Maradona expliqua que ces buts symbolisaient une revanche contre l'humiliation de la guerre. En 2014, l'équipe nationale argentine posa avec une banderole proclamant « Les Malouines sont argentines », ce qui valut à la fédération une amende de 37 000 dollars américains de la part de la FIFA. Ces gestes illustrent comment le football devient un terrain d'expression des tensions politiques entre les deux pays.
Lors de la Coupe du monde 2026, l'Argentine a de nouveau brandi une banderole affirmant que « Les Malouines sont argentines » après sa victoire contre l'Angleterre. Cette action pourrait entraîner une sanction de la FIFA, car le règlement de l'IFAB (International Football Association Board) interdit l'affichage de symboles politiques autres que les drapeaux nationaux. Le gouvernement britannique a officiellement demandé à la FIFA d'ouvrir une enquête sur cet incident. En 2014, une sanction similaire avait déjà été appliquée à la fédération argentine, ce qui montre que ce sujet reste sensible et récurrent dans les relations sportives entre les deux pays.
La question des Malouines reste un symbole fort en Argentine. Un billet de 50 pesos argentins, émis par la Banque centrale, représente l'archipel avec la mention « représente la souveraineté argentine sur l'archipel ». Le président argentin Javier Milei, élu en 2023, a réaffirmé à plusieurs reprises que les Malouines appartiennent à l'Argentine et que leur récupération est un objectif national non négociable. Milei a adopté une approche diplomatique plutôt que militaire, tout en entretenant une relation ambiguë avec le Royaume-Uni, citant même Margaret Thatcher comme modèle politique. Ces déclarations montrent que le sujet reste un pilier de l'identité nationale argentine, malgré les changements politiques.
La question des Malouines s'inscrit dans un contexte géopolitique plus large. En 2026, les États-Unis envisagent des mesures pour sanctionner les alliés de l'OTAN n'ayant pas soutenu leur engagement en Iran, ce qui pourrait inclure une réduction de leur soutien au Royaume-Uni sur la question des Malouines. Cette situation pourrait influencer les négociations futures entre l'Argentine et le Royaume-Uni. Par ailleurs, le président argentin Javier Milei entretient une relation étroite avec l'ancien président américain Donald Trump, qui l'a présenté comme son *« président préféré »*. Milei pourrait assister à la finale de la Coupe du monde 2026 aux côtés de Trump, ce qui ajoute une dimension diplomatique à l'événement sportif.

